Partons à la redécouverte du premier succès du studio Gainax (à qui l’on doit aussi le fameux Evangelion), celui mettant en scène une fille, sa pierre bleue et son ami Jean (comme le dit si bien le générique français).

posterNADIA LE SECRET DE L’EAU BLEUE

Titre Original : Fushigi no Umi no Nadia (Nadia des Mers Mystérieuses)

Nombre d'épisodes : 39

Années de production : 1990/1991 (En France sur la Cinq en 1991)

 

nadia3Résumé : Nadia est une jeune fille du cirque qui croise Jean-Roc de la Baltique lors de l’exposition universelle de 1889 qui se déroule à Paris. Le jeune homme aide la demoiselle à échapper à un trio infernal mené par Gladys (Caïus et Titus constituant les deux autres membres) qui recherche la pierre bleue que Nadia a autour du cou. C’est à partir de ce moment-là que nos deux amis, accompagné d’Attila, le fidèle lionceau (aux parties très visibles si vous doutiez encore de son sexe) de Nadia, vont partir faire un long périple. Très vite, Gladys sera le cadet des soucis du jeune groupe lorsqu’ils atterriront sur une île étrange où les hommes d’Argon (le grand méchant de l’histoire) sont en train de préparer à ressusciter l’Atlantide. Pour délivrer Nadia, faite prisonnière, Jean va devoir s’allier à Gladys et son équipe. C’est une nouvelle étape qui commence puisque le petit groupe intégrera le Nautilus, ce submersible de haute technologie qui est le seul capable de faire échouer les plans d’Argon. D’abord de simples invités, Gladys, Caïus, Titus, Nadia, Jean, Marie (une petite fille rencontrée sur l’île d’Argon, où elle a vu ses parents mourir devant ses yeux) vont devenir des membres à part entière du sous-marin qui cache d’étonnants secrets, comme son charismatique capitaine, le bien nommé Némo. Mais rien n’est jamais figé et cette petite routine qui s’installait sera de nouveau troublée, emmenant Nadia et son petit groupe vers d’autres aventures…

nadia_groupMon Avis : Difficile de faire un résumé concis et précis de cette série qui regorge tant de chose au final. Loin d’être la série gentillette pour enfant qu’on voulait nous faire avaler à l’époque (comme un bon nombre d’autres), Nadia aborde de façon intelligente plusieurs thèmes, dont la mort qui revient de manière récurrente (les parents de Marie puis lors d’un épisode tragique en ce qui concerne le Nautilus). Même si la version française a été édulcorée (au niveau des dialogues, des images –un peu sexy ou trop « violentes »-), la série n’en perds pas pour autant son charme ou son intérêt. La série est feuilletonnante et est découpée en divers arcs (Gladys vs Nadia, dans la base d’Argon, sur la Nautilus, voyage, séjour sur une île…) et cela s’avère terriblement addictif, la narration étant maîtrisée et la plupart des épisodes intéressant. Sauf sur la fin où l’on perd tout d’un coup en intensité avec un séjour sur l’île un peu trop étendu et donc dispensable. A quelques épisodes de la fin, on peut trouver ce choix étrange (même si certaines révélations viendront les justifier). C’est pas grave, le final est aussi explosif que le début et conclut très bien la série qui fait tout de même sa quarantaine d’épisodes (39 au Japon, 38 en France où l’épisode musical est passé à la trappe). Au rayon des bonnes choses, notons l’évolution des personnages, surtout en ce qui concerne notre faux groupe de méchants du début, on comprend petit à petit Gladys et son attrait pour le bijou de Nadia. Attrait qu’elle perdra assez vite, notamment lors du séjour sur le Nautilus où la dame tombera amoureuse de Némo et sera donc plus préoccupée à le séduire qu’autre chose (notamment avec de « bons petits plats de poissons » ! >_< ). Electra sera un autre personnage fort intéressant à suivre, qui sera révélateur à un moment crucial d’un pan de l’histoire de Nadia. Nadia qui est le personnage central de la série (ben oui, en même temps, elle porte son nom hein).

njean2Et si le début de la série nous fait penser à une série d’aventures matinée de romance (parce qu’il est très clair qu’entre Jean et Nadia, ce n’est pas que de l’amitié), elle se révélera bien plus que ça, revisitant à sa manière les hypothèses sur la genèse de l’homme et l’existence de Dieu. Un joli tour de force qui emprunte à différents univers, notamment celui de Jules Verne qui est le plus marquant dans la série (les références au Nautilus et Némo, notamment ou les anachronismes mettant en scènes des engins qui ne sauraient exister à cette époque) et qui s’avère tout aussi varié dans sa tonalité. En effet, si la série est un mélange des genres (aventure, action, romance…), les épisodes alternent bien souvent entre drame et comédie, les deux ayant de puissant représentant. Ainsi, au niveau des épisodes marquant dans la cruauté de ce qui nous est montré il y a l’épisode 5 « L’Ile Mystérieuse » où Nadia et Jean font la connaissance de la petite Marie (rien à voir avec Cabrel ici) et l’épisode 15 « Vont-ils Couler le Nautilus ? » qui se termine de manière dramatique. A l’exact opposé, la série sait déclencher d’énormes fous rires comme dans l’épisode 11 « Le Secret du Nautilus » où Attila déclenche une course-poursuite d’anthologie à bord du navire ou s’aventure à de l’expérimentation avec un épisode sous hallucinogène qu’est le 26ème « Le Chagrin d’Attila » (mais honnêtement, c’est pas le meilleur de la série). Bref, pas le temps de trop s’ennuyer dans la série qui varie les plaisirs avec souvent beaucoup de bonheur, parfois des déceptions. D’autant plus que la qualité des dessins s’avère parfois un peu inégale (chose qui n’est pas rare dans une série d’animation) avec du sublime et du moins réussi (notamment cette partie sur l’île en fin de série).

Mais au final, peu importe, ce sont des petits inconvénients qui n’entachent pas le reste de la série, supportée en plus de ça par une bande son magnifique, aux thèmes marquant (celui de Nadia au cirque, celui d’Argon… et pas mal d’autres) et des voix plutôt sympathiques en VF, que ce soit Valérie Siclay (Jen dans Dawson) qui interprète Nadia, Virginie Ogouz (Molly dans Sailormoon) qui interprète Gladys, Marie et Attila ou encore les très marquantes voix d’Electra (Joëlle Fossier) et du capitaine Némo (Michel Vigné qui interprète aussi Titus). Game One avait diffusé une version restaurée de la série (avec les censures restaurées et l’épisode 34 sous-titré) et on attendait une sortie dvd, malheureusement, mis à part les films animés, rien n’est encore sorti… Dommage, la série vaut pourtant le coup (on se contentera donc de garder les gros coffrets VHS de dix cassettes).

Et en bonus, le générique français de la série (que j’adore personnellement) en version longue…

Nadia et Le Secret de l'Eau Bleue - Générique Français
(Téléchargement : Mediafire ; Poids : 485Ko)