Cinq années de perruquage intensif, de changeage de vêtements improbables, de jouage de rôle aussi divers que varié… Petit retour sur la série d’espionnage Aliage… euh, pardon, Alias.

aliasALIAS

Créée par : JJ Abrams
Avec : Jennifer Garner (Sydney Bristow) ; Michael Vartan (Michael Vaughn) ; Bradley Cooper (Will Tippin) ; Merrin Dungey (Fran Calfo/Allison) ; Victor Garber (Jack Bristow) ; Ron Rifkin (Arvin Sloane) ; Lena Olin (Irina Derevko) ; David Anders (Julian Sark)...
Nombre de saisons : 5 (2001/2006)

alias18Résumé : Sydney Bristow est une étudiante en littérature. Rien de plus banal en somme. Sauf qu’elle travaille aussi. Non pas au Credit Dauphin comme le laisse penser sa couverture, mais pour une section secrète de la CIA : le SD-6. Enfin, le croit-elle jusqu’au jour où elle révèle à son petit ami, avec qui elle est sur le point de se marier, ce qu’elle fait en réalité. Il est aussitôt éliminé. C’est là qu’elle découvre que le SD-6 ne fait pas du tout partie de la CIA mais qu’il s’agit d’un ennemi de celle-ci. Dès lors, elle veut mettre un terme à tout ça. Mais la tache se révèlera beaucoup plus ardue que ce qu’elle pensait au départ. Elle devient alors un agent double. Son contact à la CIA est Michael Vaughn. Une relation un peu spéciale se créera entre eux, entre rendez-vous cachés et secret près d’être dévoilé, la vie d’agent double ne sera pas une mince affaire, mais Sydney pourra compter sur lui. Pour ne pas compliquer les choses, son père, avec qui elle est en froid, travaille aussi pour le SD-6. Mais pas seulement. Comme Sydney, il est un agent double pour le compte de la CIA. Agent double seulement ? Peut-être pas, sa loyauté sera remise en cause en cours de la première saison. Tout comme la mort de la mère de Sydney, prétendument noyée lors d’un accident de voiture. Voilà de quoi remettre en cause beaucoup de choses dans la vie déjà mouvementée de notre espionne d’enfer. Le plus dur, sera surtout de mentir à ses amis, Will et Fran, sur son vrai travail ou encore à ses collègues, notamment Marshall et Dixon, qui ne savent pas qu’ils travaillent « pour l’ennemi qu’ils pensent combattre ».

alias06De saison en saison : Voilà comment on peut résumer l’entrée en matière de la série sur sa première année, déjà très mouvementée. En effet, l’un des points forts de la série est son rythme haletant qui nous laisse sur un cliffhanger insoutenable (ou presque) à chaque fin d’épisode. La construction de l’épisode est en effet un peu particulière ici. En effet, là où vous avez quatre actes habituellement (découpés par les coupures pubs aux USA, les écrans noirs ici), il y en cinq dans Alias. Le cinquième se trouve être dans l’épisode suivant qui fait donc office de pré-générique et de résolution de cliffhanger. Dès lors, même si le déroulement des épisodes est similaire, le rythme rapide imposé et la tension maintenue, fait qu’on ne s’ennuie pas un instant, même au revisionnage de la série. Mais ce n’est pas tout. Puisque la série développera aussi une Mythologie qui s’étendra sur toute la série, avec plus ou moins de bonheur et qui viendra donc rythmer encore un peu plus le tout. Rambaldi sera même le cœur de la série. Les missions qu’on pouvait trouver déconnectées commence à avoir un point commun et Sloane, le directeur du SD-6 (ami de Jack Bristow) révèle bientôt sa passion dévorante pour ce visionnaire et ses étranges machines qu’il collectionne. Et croyez-moi, au cours de la série, il ne sera pas le seul à courir derrière les artefacts de ce cher Rambaldi. On obtient donc un intérêt supplémentaire au visionnage des épisodes. Tout comme les nombreux retournements de situations qui auront lieu au cours de chaque saison. Et la première n’est pas avare dans ce genre d’effet que ce soit concernant le personnage de Jack (agent triple ?), Sydney et Rambaldi (la mystérieuse page 47 et la prophétie qui l’accompagne) ou encore la mère de Sydney qui ne serait pas si morte que ça.

alias03Mais à trop vouloir jouer sur ces retournements, la série pourrait se perdre. Aucun problème sur les deux premières saisons, qui sont sûrement les meilleures et les mieux maîtrisées. JJ Abrams et son équipe gèrent parfaitement la situation et osent même faire table rase du concept de la série en plein milieu de la saison 2 (lors d’un mémorable épisode diffusé lors du Superbowl) pour mieux repartir par la suite et terminé sur un cliffhanger des plus réussis. D’ailleurs, le Season Finale de la saison 2 reste à ce jour le plus incroyable de la série, jamais égalé (il faut dire que le combat est dantesque et que la fin vous laissera complètement coi). Donc, tout va bien pour le meilleur des mondes. Mais déjà un petit essoufflement se fait sentir sur la troisième saison qui perd un peu de son intérêt après sa première moitié (on est habitué, la série remanie une nouvelle fois les codes) qui marque pourtant le retour de Rambaldi après une pause concernant plutôt Sydney. Mais le personnage de Lauren Reed commence à prendre trop d’importance (à devenir le personnage principal presque) et le Season Finale ne se révèlera être qu’un ertsaz de celui de la saison 2. Et puis c’est le drame. ABC demande une série moins complexe (il faut dire qu’Alias est hyper feuilletonnant et pour qui loupe un épisode, plutôt dur à suivre) et cette fois, on attend donc pas le milieu de saison pour remanier le tout. Du coup, on se retrouve avec des loners sur une bonne partie de saison. Ce qui pourrait ne pas être dommageable, mais qui l’est beaucoup. Les épisodes sont plus ou moins d’intérêts, Rambaldi très absent et surtout, la série a perdu le rythme à l’intérieur des épisodes. C’est devenu mou et ça porte un préjudice assez incroyable à la série. L’étincelle est partie et la flamme aura bien du mal à se rallumer. Il faudra attendre une fin de saison mettant en scène un Arvin Clone (joué par Joel Grey) et le retour de la mythologie pour retrouver de l’intérêt.

alias2Un intérêt qu’aurait pu avoir le casting renouvelé, avec Nadia par exemple, un personnage sous-exploité (d’ailleurs que ce soit en quatrième ou en cinquième saison, où c’est d’ailleurs pire). Mais le mal est fait. Le Season Finale lorgne vers un côté fantastique très appuyé. Ce qui peut diviser l’opinion. En effet, si la série n’a jamais caché son côté bédéesque (si la série est crédible, elle n’est sûrement pas réaliste, loin s’en faut) ni son côté lorgnant du côté fantastique (la mythologie Rambaldi), il est plus appuyé que jamais ici. Avec son atmosphère à la Resident Evil que je vous laisse le soin de découvrir, on pourra soit trouver ça trop barré et loin de l’esprit initial de la série, soit y trouver son compte et se dire que la saison aura au moins le mérite de finir sur une bonne note après un passage à vide important (le dernier point étant mon cas). C’est donc fébrilement qu’on atteint la cinquième et dernière saison. Je ne reviendrais pas sur le Series Finale, mon sentiment, je l’ai déjà exprimé (ICI). Par contre, pour le petit tour d’horizon de cette dernière saison on va le faire. On sent que c’est la fin. Les clins d’œil sont très appuyés (parfois même un peu trop d’ailleurs, on ne sait plus très bien si c’est un manque d’inspiration ou pas) et la boucle bouclée quand Sydney Bristow prend une nouvelle recrue sous son aile qui fait immanquablement penser à la Sydney du début de saison, bien que légèrement différentes toutes les deux. Aussi, l’abandon des loners est un autre bon point de la saison. Mais il faut bien reconnaître que plusieurs points négatifs entachent le tout. L’arc de la saison n’est pas forcément des plus passionnant et on a l’impression d’avoir un peu à faire à du remplissage (notamment en ce qui concerne le personnage de Renée Rienne ou Nadia). Le rythme à l’intérieur même des épisodes n’est toujours pas revenu, et malgré des « à suivre… » qui maintiennent un certain intérêt, on sent qu’il manque la petite flamme du début.

alias14A l'intérieur de la série : Si l’on devait faire un rapide bilan, on peut dire que la série aura tenu le bon bout sur les trois premières années (les deux premières restant les meilleurs) et qu’ensuite, la série perd un peu de son intérêt. Sans oublier le fait que la série se perd un peu dans sa Mythologie qui a le défaut des Mythologies les plus connues de certaines séries, celles de X-Files et Le Caméléon notamment. Complexes et tortueuses, a priori, les scénaristes ne savaient pas très bien où ils allaient et ajouter les éléments au fur et à mesure. Ce qui donne l’impression de se faire flouer au passage, parce que bien qu’au cœur de la série, on ne lui accorde pas, au final, la place qu’elle aurait mérité (c’est aussi la faute de la chaîne apparemment qui ne voulait pas trop de ça). Reste un autre point au cœur de la série, outre les relations amoureuses qui se développent entre les personnages, c’est la famille. Et c’est les Bristow qui seront au centre de tout. Et dans la famille, l’espionnage est un art. Jack, Sydney, Nadia… et les trois sœurs Derevko (Irina, Katia et Elena). Rappelons qu’Irina est la mère de Sydney. Ainsi, on explore les liens familiaux qui les unissent, même si on se concentre surtout sur Jack, Irina et Sydney. Un filon plutôt bien exploité en ce qui concerne Jack et Sydney qui suivent le chemin de la réconciliation tout au long de la série (avec les hauts et les bas inhérents à tout ce chemin) tandis que celui avec Irina est un peu plus flou, le Series Finale venant dérouter sur les motivations profondes de ce personnage qui n’aura de cesse de jouer double-jeu avec sa fille. Une Sydney qui devra faire elle-même face à ses démons lors de la cinquième saison (où elle est enceinte, Jennifer Garner étant elle-même enceinte à l’époque). Reproduira-t-elle ou non le schéma de sa famille ? Telle est la question.

alias09Des histoires de familles qui sont au centre aussi pour les autres personnages. Que ce soit Sloane et sa femme Emilie ou encore Dixon et sa femme, Marshall et sa future épouse. Tout le monde y passe. Et en ce qui concerne Sloane, c’est sûrement ce qui va rendre ce personnage si ambigu et attachant par certains côtés. Alors qu’on pense que c’est un pourri fini, dès qu’il est avec Emilie, il devient une autre personne. Une des belles histoires des deux premières saisons. Et si par la suite, on tente de faire retrouver ce côté à ce personnage avec Nadia, ça ne sera jamais pareil. D’ailleurs, Sloane est un personnage usé jusqu’à la corde à la fin de la série malheureusement. Certes, vu sa motivation à accéder au savoir de Rambaldi, il est un des moteurs de la mythologie mais on peut se dire qu’un peu moins de Sloane n’aurait pas tué ainsi le personnage. Tandis que d’autres auraient pu être un peu plus exploités durant ce temps-là. C’est le cas de Nadia, par exemple, mais aussi de Weiss, le meilleur ami de Vaughn qui ne fait des apparitions que pour des petites phrases marrantes et parfois être un agent de terrain. Mais c’est bien peu pour un personnage qui a une cote popularité assez haute chez moi.

 

Alias_Season_5Le mot de la fin : En conclusion, Alias se révèle être une série très agréable, du divertissement de très bonne qualité qui mérite assurément le coup d’œil. Mais la série s’essouffle finalement assez vite et ne tient pas le rythme prometteur qu’on pouvait espérer ni même la longueur sur une mythologie pourtant intéressante qui aurait pu être mieux exploitée. Enfin, trois années de bonne qualité et deux autres avec des éléments intéressants, c’est déjà ça de pris… La musique de Michael Gioaccino se révèle en plus bien intégrée à la série même si ce n’est pas le genre de composition que j’écouterai en dehors. Les bonus des éditions dvd des saisons sont plutôt remplis de reportages sympathiques et de bêtisers plutôt drôles et longs. Une bonne raison de se jeter dessus (la cinquième saison arrivant au mois de juin).