Certains vous diront que mis à par sur Canal (et encore), les séries françaises qui valent le coup, ben y’en a pas… Faux répondent mes yeux… On trouve bien évidemment quelques exceptions… La dernière en date ? Une production pour M6…

LES BLEUS, Premiers Pas dans la Police – Saison 1

les_bleusCréée par : Thomas Anargyros

Avec : Elodie Yung (Laura) ; Mhamed Arezki (Lyes) ; Nicolas Gob (Kévin) ; Gabrièle Valensi (Nadia Poulain) ; Raphaël Lenglet (Alex) ;Patrick Catalifo (Santamaria)...

Nombre d’épisodes : 12 (2007) + pilote (2006)

Note : ****

Les_Bleus_01Résumé : La vie banale de flics dans un commissariat… Qui est forcément égayée par l’arrivée des p’tits nouveaux, des bleus… Et c’est ce que vont être Laura, Nadia, Kévin, Lyes et Alex sous les ordres du commissaire Santamaria et des capitaines Franchard et Duval. Chacun est là pour une raison différente, chacun a ses illusions en rentrant dans la police… Et chacun fera forcément des bourdes au début. Et forcément, pour ne pas compliquer les choses, les aspects d’ordre personnel vont venir un peu interférer dans tout ça. Que ce soit le fait que Laura soit la fille cachée de Santamaria, l’homosexualité de Kévin ou les connaissances douteuses d’un Alex. Mais tout le monde fera son métier, on découvrant au fur et à mesure certains aspects…

Les_Bleus_02Avis : Avec cette série à tendance comique sur les bords, M6 offre du policier original qui se démarque dès lors de la masse qu’on aime tant produire en France. Et ce n’est pas la moindre de ses qualités, fort heureusement. Tout d’abord, on a le droit à des histoires qui sortent un peu de la routine habituelle, puisque c’est justement cette routine policière que les premiers épisodes mettent en avant, avec l’enlèvement d’un chien, par exemple. D’ailleurs, c’est un sauvetage qui tournera de façon un peu bizarre, mais qui prouve que la série joue à fond le jeu du second degré. Fort heureusement, il ne s’agit que d’une intrigue secondaire et des choses un peu plus passionnantes se passent au premier plan, comme des vols, des viols, des assassinats… Bref, tout l’arsenal habituel, coloré par les gaffes des bleus qui n’en ratent pas une. Et si ces histoires sont parfois un peu faciles (on comprend parfois très vite, plus vite que nos amis, ce qui se passe), c’est surtout réhaussé par des dialogues vifs et aux références populaires nombreuses qui font mouches (tout y passe, de la série Allemande Derrick à leurs confrères hight-tech et US des Experts, de Passe-Partout de Fort Boyard à Miguel Angel Muñoz et Lara Fabian), des grossièretés qui sont assez présentes et des dialogues « banlieusards » crédibles… Autant de choses qui sonnent facilement faux dans beaucoup de séries (non, ne me regardez pas pointer certaines productions jeunesses qui cherchent à « parler djeuns »), qui sont ici servies par de très bons comédiens qui font qu’on y croit.

Les_Bleus_04Et comme si ça ne suffisait pas, les auteurs ont décidé d’en faire une série évolutive. Exit donc le côté un peu plan-plan des productions unitaires, ici, à l’instar d’un Avocats & Associés par exemple, on a du feuilletonnant au niveau des histoires personnelles qui nous sont révélées petit à petit. Un liant qui donne de la saveur à ces épisodes qui se suivent avec beaucoup de plaisir. Et les arcs sont divers et variés. Que ce soit Nadia qui n’a jamais connu un autre que son mari et qui couche avec Santamaria, Laura et la recherche de la vérité sur son père et ses origines, Kévin et son histoire d’amour secrète avec Yann, un membre de la BAC, Alex et ses potes « au bon plan », Lyes et son envie de grimper dans la hiérarchie, tout a une place, tout est bien développé pour en arriver au final de la saison, qui fait dans l’action. D’ailleurs, un peu trop, parce qu’à trop vouloir en faire, les scénaristes ont un peu mis de côté ce qui faisait le charme de la série, sa légèreté d’abord et sa crédibilité ensuite. Alors oui, c’est vrai que certaines histoires tirées par les cheveux peuvent paraître un peu improbables, mais dans le final, on a tout de même le droit à des choses pratiquement dignes des Feux de l’Amour. On espère qu’ils rattraperont le coup avec la saison 2. Parce que jusque-là, ils avaient plutôt bien négociés le virage entrepris en cours de saison.

Les_Bleus_17En effet, si les premiers épisodes sont très légers, en milieu de série, les auteurs décident de verser un peu plus dans le dramatique et la noirceur. Et autant avouer que c’est assez réussi. C’est arrivé en douceur, on se rend compte petit à petit de ce qui se trame et on a le droit à certaines choses assez exquises. On sera juste déçu par un cliffhanger résolu de manière un peu artificielle et quelques épisodes un peu décevant (dont le double final qui reste le moins bon de la saison donc) et par quelques oublis (mais peut-être par manque de temps, les épisodes étant bien remplis) au niveau des suivis des persos secondaires (dont Duval et une histoire de cœur). Au niveau du traitement des personnages, j’ai forcément envie de mettre l’accent sur Kévin qui est plutôt bien traité, tout en sensibilité, avec des coming-out assez réussis tout au long de la série, une relation avec Franchard qui évolue de manière inattendue et quelques baisers homos à l’appuis. C’est donc un personnage plutôt bien traité, pas caricatural et sexué, et en plus, il n’est pas encore tombé dans le lit d’une fille, un miracle si l’on regarde de plus près les homos du PAF et c’est donc très bien… Et tant pis si la fin de saison n’est pas forcément heureuse, elle nous vaut des moments de pure émotion qui fonctionne… Et qui sait ce que nous réservent les scénaristes pour la saison 2 ?

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Conclusion : Eh oui, malgré des audiences en dent de scie (surtout en fonction de la concurrence, les jour des Experts étant les moins bons, alors que face au foot et au rugby, c’était beaucoup mieux, finissant même sur un 4,9 millions pour le « saison final ») et moins bonnes que le pilote diffusé il y a quelque temps, M6 a décidé de rempiler. Tant mieux, la série vaut le coup et ce serait dommage de s’arrêter en si bon chemin, surtout si les scénaristes ne reprennent pas l’erreur de fin de saison et qu’ils continuent la carte de la légèreté. Si vous ne deviez voir qu’un minimum de séries françaises, celle-ci en ferait sans doute partie, avec son rythme sans temps morts, ses dialogues réussis et ses personnages pas si caricaturaux qu’on peut le penser au départ, c’est de la bonne fiction… Et qui n’est pas une insipide photocopie d’un hit US, qui plus est… Alors, autant dire que ce serait dommage de manquer à l’appel, non ?

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