Vous aviez aimé Jack Harkness dans Doctor Who (saison 1) et vous vouliez savoir ce qu’il était devenu ? Suivez le guide… (Comme d’habitude, sans spoiler…)

TORCHWOOD – Saison 1

group01Créée par : Russel T Davies

Avec : John Barrowman (Capitaine Jack Harknes) ; Eva Myles (Gwen) ; Naoko Mori (Toshiko) ; Burn Gorman (Owen) ; Gareth David Llyod (Ianto)

Nombre d’épisodes : 13 (2006/2007)

Cote d’amour : ***

Torchwood_03Résumé : Un jour, alors que Gwen, officier de police à Cardiff, est sur le lieu d’un accident, une étrange unité spéciale investit les lieux. Ils s’appellent Torchwood et personne ne sait réellement qui ils sont. Juste le fait qu’ils sont « indépendants du gouvernement, extérieurs à la police et au-delà des Nations Unies » comme l’aime le répéter l’homme qui est à la tête de ce groupe, le capitaine Jack Harkness. Le but de Torchwood ? Traquer les extraterrestres et leur technologie, protéger le territoire anglais. C’est en assistant à une de leur étrange expérience (où ils ressuscitent un mort pendant deux minutes) que Gwen fouine et met les pieds dans leur petit secret. Le capitaine Harkness lui raconte tout avant de lui faire ingérer une pilule la forçant à lui faire tout oublier, mais c’est peine perdue, la jeune fille retrouve des bribes de souvenirs. Après quelques péripéties, elle se voit finalement intégrée au groupe et découvre plus Torchwood, son fonctionnement, son équipe composée de Ianto (un peu le secrétaire, l’homme à tout faire), Toshiko (la scientifique), Owen (le médecin -légiste-) et l’inénarrable Capitaine Jack Harkness dont les costumes semblent être coincés dans le temps. Ensemble, ils devront affronter diverses créatures aliens ou ectoplasmiques… Mais dans l’ombre, un plus grand danger plane.

Torchwood_01Avis : Torchwood est l’anagrame de Doctor Who, cette série britanique culte qu’on découvre à peine en France grâce à la version 2005 de Russel T Davies et qui est actuellement à l’antenne sur France 4. C’était le nom de code pour le retour de la franchise afin d’en garder le secret. Au départ, Russel T Davies voulait proposer une série fantastique dans la veine de Buffy à la chaîne anglaise (sous le nom d’Excalibur). Il a finalement atterri sur la série mettant en scène le Docteur. Fort du succès de son bébé et décidément un peu têtu, il imagine un spin-off centré autour d’un personnage apparu dans les derniers épisodes de la saison 1 de Doctor Who : le capitaine Jack Harkness. Il reprend des éléments prévus pour Excalibur et en arrive à cette série. Torchwood est donc un spin-off de Doctor Who. D’ailleurs, la saison 2 de la série prépare à l’arrivée de la petite sœur et dès l’épisode 2x02 Un Loup Garou Royal on apprend l’origine de Torchwood qui est due à la rencontre de la reine Victoria, du Docteur et d’un Loup-Garou. Il existe plusieurs unités de Torchwood et on suit celle basée à Cardiff, sur une faille spatio-temporelle plutôt dangereuse qui permet l’accès à la Terre de nombreuses créatures et autres objets extraterrestre. On peut déjà y voir un rapprochement avec Buffy, puisque cette faille où est basée Cardiff rappelle indéniablement la Bouche de l’Enfer sur laquelle est basée Sunnydale et qui permet à la série de dévoiler un bestiaire riche et varié, pas uniquement composé de vampires. Ici, c’est pareil. Si l’équipe traque à l’origine des aliens, il n’y aura pas que ça dans les treize premiers épisodes de la série. On aura aussi le droit à des fées, des fantômes, des personnages du passé.

Torchwood_05Les épisodes sont relativement indépendants, assez éloignés de l’univers original de Doctor Who. Ici, point de voyage dans le temps (hormis quelques exceptions mais c’est le temps qui vient à l’équipe et non l’équipe qui part à travers le temps), tout ce passe à Cardiff et ses alentours. Et autant l’avouer tout de suite, à Cardiff, il fait plutôt gris (ambiance bretonne en perspective ! lol), ce qui donne une atmosphère assez particulière à la série, loin d’être déplaisante, plus sombre que la série mère. Tout comme le sont les personnages en fait. Ils font un boulot qui leur prend du temps, qui leur bouffe leur vie (on le voit avec Gwen qui est la seule à avoir une relation amoureuse, parce qu’elle vient d’entrer et qui ne sera pas facile à garder à flot, malgré les supplications de Jack pour qu’elle y parvienne) et qui s’avère tentant par certains côtés. On s’en rend compte dès le premier épisode, dans une scène à consonance comique, quand Jack explique à Gwen qu’aucun des objets se trouvant au QG ne doit sortir de là ni être utilisé à des fins personnelles et quand chacun des membres en possède un et fait bien évidemment tout le contraire (ce qui vaudra à Owen de devoir aussi faire avec le petit ami d’une fille qu’il draguait avec un produit magique). Mais si on s’amuse de ça au moment précis où on le visionne, on voit très vite quelle dérive cela peut engendrer. Au cours de l’épisode ou même un peu plus tard, notamment avec une story-line concernant Ianto.

Torchwood_04En parlant des personnages, il est impossible de ne pas évoquer une particularité de la série. Si on sait que le capitaine Jack Harkness est bisexuel (et qu’il en pince un peu pour le Docteur), le reste de l’équipe à le droit aussi à ses histoires d’amour. Et elles sont riches et variées elles aussi. Souvent remplies d’émotions, comme pour Owen qui nous offre un magnifique épisode de Noël ou encore Gwen dont la relation amoureuse avec son petit ami sert de fil rouge au personnage. On pourrait alors croire que la sexualité de chacun est bien définie. Hétéro pour la plupart. Eh bien non, la série s’amuse à brouiller les pistes, chacun ayant au final au moins un baiser (ou plus) avec un être du même sexe. Là où on pourrait croire à la provocation gratuite ou au fait de vouloir faire passer la pilule de l’homosexualité en effaçant un peu ce trait de caractère (comme on en a souvent l’impression dans les fictions françaises notamment, où nombre de gays sortent avec une fille à un moment donné par exemple, comme si en plus ce passage était obligatoire), c’est en fait tout un système de pensée qui est développé. L’homosexualité (ou la bisexualité) est considérée comme normale, dans le sens où ça ne gène aucun personnage, à aucun moment, de se voir embrasser par quelqu’un du même sexe. Si trouble il y a, il est seulement dû à l’amour. Et c’est peut-être le plus beau message qu’il y avait à faire passer, même si les personnages ont une tendance à l’origine, ils ne vont pas en faire tout un foin s’il faut embrasser quelqu’un du même sexe. A ce niveau-là, Jack Harkness reste le plus en retrait. Il reste le personnage le plus entouré de mystère et mis à part quelques allusions (Ianto qui dit que c’est du harcèlement sexuel ou une ou deux allusions à un passé débridé), il faudra attendre le 12ème épisode de la série (1x12 Capitaine Jack Harkness) pour se pencher un peu plus sur le personnage. Mais croyez-moi, l’épisode vaut le coup, c’est sans doute parmi les plus belles romances que j’ai pu voir… J’y reviendrai plus en détail dans la rubrique épisode culte d’ailleurs. Bref, c’est l’une des très bonne surprise de la série ce point si particulier (qu’on ne pourrait imaginer dans une série américaine lambda a priori).

Torchwood_10Malgré tout, la série n’est pas exempte de défaut. Comme vu précédemment, les épisodes sont relativement indépendant, donc on a du bon et du moins bon. Rien de dramatiquement catastrophique, mais il est sûr et certains que tous les épisodes n’accrocheront pas le téléspectateur de la même manière. En général, quand un membre de l’équipe se trouve un peu plus impliqué dans l’histoire, il y a un intérêt plus grand à l’épisode. L’univers un peu froid ne plaira pas à tout le monde non plus. Et comme pour Doctor Who, on a quand même une intrigue sous-jacente qui se développe tout au long de la saison, qui vienne par des petites phrases récurrentes dites par divers personnages. Le procédé marche toujours aussi bien pour maintenir un certain suspense, mais le résultat s’avère peut-être un peu en deçà des espérances fondées. Même si le final est tout à fait honnête et riche en émotions, lui aussi. La diffusion de Nrj 12 n’a pas forcément permis de bien voir l’enchaînement des événements au niveau de la continuité des histoires amoureuses ou autre, mais on a parfois l’impression que certaines choses sont un peu vite oubliées. Rien de bien grave, il faut juste le savoir et ne pas chercher la petite bête. Les références à l’univers de Doctor Who n’affluent pas, donc il est tout à fait possible de visionner la série sans avoir vu la série mère à l’origine, même si une ou deux histoires y font plus références. Et a priori, pas de cross-over en vue ici (surtout que l’interprète de Jack Harkness a précisé dans une interview que si Jack pouvait allait et venir dans les deux séries, le Docteur, par exemple, ne viendrait jamais faire un tour dans Torchwood. On peut peut-être le regretter, ça aurait pu être intéressant. Mais déjà, revoir Jack dans Doctor Who sera une satisfaction).

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Conclusion : Si vous arrivez directement à cette partie sans avoir lu la tonne de paragraphe suivant, je ne pourrais pas vous en vouloir… Mais sachez que malgré les défauts qui émaillent un peu la série (épisodes à intérêt variables, pas forcément de dialogues percutants, histoires classiques mais bien revisitées), c’est une série qui se laisse agréablement regarder, qui apporte une perspective intéressante sur la sexualité des personnages (l’omnisexualité comme le soulignait John Barrowman, l’interprète de Jack) en effaçant les simples barrières ou les problématiques habituellement mises en avant avec l’homosexualité ou la bisexualité. Qu’il ne faut absolument pas louper le 12ème épisode de la série (le meilleur, le plus beau) ni même celui de Noël, Hors du Temps, (le second meilleur ! :P). Bref, que si vous avez l’occasion de voir les aventures de Jack Harkness et de son équipe, il faut tenter l’aventure même si vous n’avez pas encore vu Doctor Who ! Avec son univers à la croisée de Buffy, X-Files ou Special Unit 2, la série offre une vision résolument sombre de ses personnages enclins à faire des erreurs. De plus, on a le droit à un joli cast, sympathique, dont évidemment John Barrowman qui campe un très sympathique (quoique sombre et dur) Jack Harkness (à noter que l'acteur est gay et qu'il s'est récemment marié avec son compagnon... Il soutient aussi la nouvelle campagne de Stonewall en Angleterre contre l'homophobie).

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