Si vous ne le saviez pas encore, la vie est dure… Très dure… Surtout quand vous êtes le souffre-douleur attitré…

LIFE

400px_Life_bannerScénario : Keiko Suenobu

Avec : Kii Kitano (Ayumu) ; Saki Fukuda (Manami) ; Yoshihiko Hosada (Sako) ; Megumi Seki (Hatori) ; Miki Sakai (Hiraoka) ; Asaka Seto (Toda-sensei)

Nombre d’épisodes : 11x35min (2007)

Cote d’amour : ****

Life_02Résumé : Ayumu Shiiba est une élève moyenne qui ne réussit pas trop ses études quand sa meilleure amie s’avère être plus forte qu’elle. Le rêve de celle-ci ? Entrer dans un lycée dont elle admire l’uniforme. Pour suivre son amie, Ayumu lui demande de l’aide. Mais le destin est parfois contrarié. Alors qu’Ayumu réussit finalement son examen, c’est sa meilleure amie qui loupe le coche. Elle ne lui pardonnera pas et l’accusera de son ratage. Finalement, c’est la rentrée et Ayumu intègre donc son nouveau lycée. Elle fait rapidement la connaissance de Manami, une fille populaire. Elles se lient d’amitié. Mais soudain le vent tourne et devient la cible de celle-ci. Et c’est parti pour des persécutions en tout genre, commises en toute impunité. D’autant qu’Ayumu n’a pas de chance, puisqu’elle est aussi la cible de Sako-kun, le petit ami un brin tordu de Manami. Et dans tout cela, personne pour l’aider… Va-t-elle réussir à se sortir de ce combat de tous les jours ?

Life_03Avis : Voici un dorama à ne pas mettre en toutes les mirettes tant il s’agit d’un vrai petit manuel de torture pour psychopathe n’ayant plus d’idée !! Si, si, je vous assure, c’est terrible de voir ce que les petites Japonaises, jeunes et jolies, peuvent faire subir à leur camarade. Et si vous ne l’aviez pas encore compris, cette série parle de l’ijime. La persécution d’un individu par un groupe (qui peut aller de quelques personnes à la classe voir le lycée entier dans des cas extrêmes). Déjà présent dans d’autres doramas lycéens, notamment dans Nobuta wo Produce (et dans une beaucoup moindre mesure au début d’Hana Yori Dango), c’est ici le thème central, poussé à l’extrême, qui vous donnera quelques envies de meurtres, c’est certain. Il faut se replacer dans le contexte japonais, qui reste une société où il ne fait pas bon être décalé, où le groupe prend le pas sur l’individu et c’est forcément une position de force pour les persécutrices en herbe. D’autant plus que c’est souvent un acte qu’on ignore, souvent parce qu’on ne veut pas être soit même la nouvelle cible. Et le drama l’expose très bien. Parce que personne ne peut passer à côté des atrocités que subit Ayumu, de moins en moins discrète au fil des épisodes. C’est la loi du silence qui règne. Et le corps professoral n’est pas franchement mieux. Il faut voir comment ils traitent l’affaire. Passe encore qu’ils peuvent ne s’apercevoir de rien puisque souvent la victime nie aussi les faits à ce moment-là, mais quand la vérité éclate, c’est la technique de la loi du silence qui est appliquée, afin de ne pas faire de mauvaise presse au lycée. Un cercle vicieux qui conduit à des dérives importantes et des situations parfois dramatiques. D’ailleurs, Life ne propose pas non plus seulement l’ijime des élèves mais un peu celui d’un professeur aussi. Un professeur assistant, la plus clairvoyante d’entre tous, qu’on ignore, loin d’appliquer cette politique de l’autruche que tous les enseignants (un peu blasés) suivent depuis des lustres.

Life_04Oui, ça peut paraître effarant. Oui, il y a ce genre de pratique au Japon et c’est sûrement une bonne chose que de le dénoncer via les médias de masse. Oui, le drama est une extraordinaire source de réflexion sur ce thème. Le cheminement est assez intéressant et l’épisode final, pour peu qu’il puisse paraître un peu trop rempli de bons sentiments, semble toutefois indiquer la meilleure façon (ou en tout cas l’une des façon) d’endiguer cet acte. Les personnages de la série sont fascinants. Loin d’être tous attachants. Forcément, Manami et Sako-kun sont sur la liste de ceux qu’on a envie d’écharper au moindre petit sourire en coin. Ils sont manipulateurs, froids, sans sentiment. Ce qui est explicable pour Sako-kun ne l’est pas pour Manami qui est simplement le mal personnifié à l’état brut (non, mais sans rire, c’est même pas forcément très fort). C’est très impressionnant. Les autres élèves n’ont pas mauvais fond, mais ne font que suivre ou sont contraints à le faire, Manami pouvant être très persuasive. Heureusement pour Ayumu, qui aurait pu craquer, elle se trouvera tout de même un ou deux alliés au passage. Ce qui nous permet de nous faire souffler un peu entre deux moments très durs, deux tortures imaginées par la fille du Diable en personne. C’est une sorte d’espoir qui est le bienvenu. Et il lui en faudra beaucoup. Car même quand on pense qu’elle est tirée d’affaire, un retournement vient souvent contrarier les plans. Et ce n’est pas le rythme rapide épileptique qui va venir arranger ce sentiment d’étouffement, de prise dans un cercle inextricable. Les scènes sont parfois très courtes. On voit bon nombre de jours défiler (notamment dans le premier épisode), parfois avec des scènes très courtes. Le tout étant soutenu par une musique rythmée qui renforce un cadrage caméra à l’épaule. Le format 35 minutes condense l’épisode et lui donne un contenu assez riche pour ne laisser que de rares moments de répits, soulignés par la chanson de Mika Nakashima qui revient en boucle. Un ton différent et particulier qui donne son charme à cette série.

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Conclusion : Voici un drama à ne pas manquer. Tant pis si vous en avez marre de l’univers lycéen, il sort beaucoup du contexte habituel pour se concentrer sur un thème particulier, évoquant les différents aspects de l’ijime, de la loi du silence qui l’entoure, à l’aveuglement des personnes qui ne voient pas les signaux de détresses (c’est notamment le cas pour la mère d’Ayumu). Bon, par contre, ça vous arrivera souvent de pester contre votre écran, contre les actions de certains personnages (qui paraissent totalement naïfs au demeurant), contre le machiavélisme sans bornes d’autres. Mais on a envie de soutenir Ayumu. On a envie de la voir gagner pour une fois. Et on oublie les jolies histoires d’amour au profit d’une histoire d’amitié, pas inintéressante non plus, moins importante que dans Nobuta wo Produce par exemple, mais finalement touchante. Attention néanmoins, à ne pas faire regarder à tout le monde (faites donc passer des tests psychologiques !), parce que bon… Dans le genre qui pourrait être une mauvaise influence, le drama se place aussi là ! >_< A moins que ça ne fasse prendre conscience à certains de ce qu’ils font subir aux autres…