Un Tandem de Choc - 1x22 & 1x23 Le Secret de Victoria
Franchement, « épisode culte » n’est ici pas usurpé du tout… Pas pour moi en tout cas. Et j’essaierai de lui rendre un bel hommage…
UN TANDEM DE CHOC (Due South) – 1x22 & 1x23 Le Secret de Victoria (Victoria’s Secret)
Scénario : Paul Haggis & David Shore
Réalisation : Paul Haggis
Avec : Paul Gross (Fraser) ; David Marciano (Vecchio) ; Beau Starr (Welsh) ; Katherine Bruhier (Elaine) ; Melina Kanakaredes (Victoria) ; Dnis Forest (Jolly)
Cote d’amour : *****
Résumé : Alors qu’il est en ville accompagné de
Ray, Benton pense avoir reconnue une jeune femme qu’il s’empresse de suivre.
Mais rien. Il doute en plus fortement. Comment serait-ce possible qu’elle
soit-là ? Mais il ne peut s’empêcher d’y repenser, de devenir nostalgique.
Quant à Ray, il invite son copain à venir faire une partie de billard chez lui,
alors que toute sa famille part enfin et lui laisse la maison pour une semaine.
Fraser est au restaurant quand il pense à nouveau voir la jeune femme. Mais
cette fois, ce sera pour de bon. Victoria est bel et bien là. Devant lui.
Sortie de prison. Où Benton l’avait envoyée une dizaine d’années auparavant
pour un vol qu’elle avait commis. Il s’est assurément passé quelque chose entre
ces deux-là. Notamment durant la course poursuite qui mena à l’arrestation de
Victoria. Benton est sur un petit nuage. Le grand amour de sa vie est là… Dans
ses bras. Mais pourquoi est-elle
réellement revenue ?
Analyse : Un double épisode, rien que ça. Et une
première partie qui dure 50 minutes. Bon, ok, ça compense les 5 minutes de
résumé du second épisode qui a une durée normale. Mais ne nous arrêtons pas sur
ce petit détail. On a là un téléfilm de 90 minutes assez exemplaire. Dans
certaines séries, les double-épisodes peuvent paraître un peu vains, parce que
rarement conséquent et du coup, on a l’impression qu’on dilue l’histoire alors
qu’on aurait pu la boucler plus vite. Ici, ce n’est pas le cas. Certes, la
série prend le temps de l’exposition. Mais c’est aussi une marque de fabrique.
Et Paul Haggis ne se prive pas de longs moments de contemplation comme de longs
passages musicaux. Qui accentuent beaucoup l’ambiance de l’histoire. Une
ambiance pleine de nostalgie, de tristesse. Les moments drôles se font rares.
Ils sont là, ne nous sortent jamais de l’histoire ni de l’émotion, mais
permettent de souffler un peu. Parce que la série ne nous a pas franchement
habitué à ce genre d’histoire. Certes, au cours de cette première saison, on a
un peu évolué. Après être parti d’épisodes franchement hilarants, on a eu le
droit à un peu plus d’émotions, de sérieux, mais avec ce ton léger et
particulier qui fait l’identité de la série. On avait jamais vu Benton aussi à
fleur de peau et perturbé. Finalement, il y a bien un homme derrière cette
tenue rouge et ce chapeau. Un homme qui n’est pas parfait. Qui ne s’attarde pas
à aider son prochain alors que la situation est délicate (alors que, justement,
en début de saison, ça aurait été tout à fait possible). Bref, on nous donne
une nouvelle facette du personnage, tout en délicatesse et c’est fichtrement
réussi. Qui ne serait pas ému à la vue de cette histoire d’amour un brin
compliquée ? Parce que celle-ci est toute en contradiction. Parce que malgré
tout, Benton reste Benton. Et qu’il peut difficilement renier son sens moral.
Mais cet épisode n’est pas seulement non plus une histoire
d’amour. Mais aussi une histoire d’amitié. Celle de Ray et de Benton qui est
mise en danger ici. Par la fille. Pourtant, depuis que ces deux-là ce sont
trouvés, y’a pas à dire, on sent ce lien indéfectible qui les unit et qui
traverse la plupart des épreuves (demandez donc à Ray et sa Buick Riviera).
Mais là, c’est autre chose. C’est nouveau. Et ça pourrait bien mal se finir
(regardez la fin… Et dites moi que vous ne doutez pas un peu de l’intention de
Ray à ce moment-là !). Eh oui, c’est pas un épisode gai-gai que nous a
concocté le créateur de la série. Pire encore ! Alors que le premier
épisode s’attarde sur la relation entre Benton et Victoria, le second nous
assène un coup de grâce aussi inattendu que diablement efficace. Qui a vu venir
les retournements de situations ? C’est extrêmement bien ficelé, Paul
Haggis maîtrise encore une fois parfaitement son sujet et sait habilement jouer
du rythme et des ressorts dramatiques. Le tout étant illustré de manière fort
brillante par Sarah McLachlan dont on a utilisé deux chansons (et ce ne sont
pas les premières qui apparaissent dans la série). Bon, Sarah McLachlan ça pourrait
être un peu l’argument facile pour nous faire sortir les mouchoirs au moment
opportun. Sauf que finalement, non. Ce n’est pas que sa magnifique voix qui
fait le travail. C’est bien la combinaison du tout (de l’image, du son…) qui
fait monter les larmes. Et Paul Haggis nous livre des plans originaux qui y
contribue aussi (notamment grâce à de magnifiques plans avec des bougies, des
passages derrières les fenêtres). Bref, on ne ressort pas indemne de cet
épisode qui bouscule autant la série que les personnages du côté émotions.
Conclusion : Tout concourt à faire de cet épisode, un épisode qu’on n’oublie pas. Un épisode qui se distingue du reste de la série. Ne serait-ce que par l’absence du générique habituel et son générique de fin un peu plus long. Son ambiance qui reste dans le ton de la série, mais avec une nostalgie assez inhabituelle et un Benton Fraser qui se montre plus fragile qu’a l’accoutumée. Et si l’intrigue policière semble être mise un peu plus en retrait durant la première partie, c’est pour mieux ressurgir par la suite et venir compliquer les histoires entre les personnages, qui n’avaient pas franchement besoin de ça ici. Il s’agit donc d’un épisode à voir. Je ne sais pas si je conseillerais uniquement celui-ci pour se faire une opinion de la série, parce qu’il ne représente pas bien l’ambiance assez déjantée qui peut régner habituellement, les joutes verbales qui existent, mais il se laisse suivre indépendamment du reste et s’avère des plus réussis. Un Tandem de Choc nous prouve ici avec brio qu’elle peut aussi bien faire rire que pleurer… Vous savez ce qu’il vous reste à faire maintenant…
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