En bon fan de Doctor Who que je suis, j’ai voulu remonter le temps et découvrir ce qu’il y avait « avant », c’est-à-dire, avant la reprise de la série par Russell T. Davies. Et voici mon histoire… (Attention, contient des spoilers sur les trois premières saisons de la série de 2005)

DOCTOR WHO – Le Seigneur du Temps

MV5BMTM4MTYwODgzOV5BMl5BanBnXkFtZTcwMDA3NDQyMQ__Scénario : Matthew Jacobs

Réalisation : Geoffrey Sax

Avec : Paul McGann (le Docteur) ; Sylvester McCoy (le Docteur) ; Eric Roberts (le Maître) ; Daphne Ashbrook (Grace) ; Yee Jee Tso (Chang) ; John Novak (Salinger)...

Cote d’amour : ***

Le_Seigneur_du_Temps_01Résumé : Le Docteur doit amener les cendres de son défunt grand ennemi le Maître sur Gallifrey, leur planète d’origine. Mais alors qu’il est tranquillement en train de lire et prendre le thé, une défaillance se produit, libérant les cendres du Maître et obligeant le Tardis à se poser quelque part sur la planète Terre. Ce sera à San Francisco, le 30 décembre 1999. Mais alors qu’il sort, le Docteur se fait tirer dessus lors d’une rixe entre gangs. Tchang accompagne quand même cet inconnu dans l’ambulance et le nomme John Smith. Les médecins qui le soignent ont une énorme surprise, puisqu’il semblerait qu’il ait deux cœurs ! Une erreur de surimpression selon eux. Et malgré leurs efforts, John succombe. Avant de se réveiller à nouveau dans la peau d’un homme plus jeune, qui ne sait plus qui il est. Néanmoins, il reconnaît le visage de la chirurgienne qui a tenté de le soigner, Grace, qui le prend tout de suite pour un fou. Mais il y a une menace qui les guette tous les deux. En effet, le Maître a réussi à se rematérialiser et semble bien décider à prendre les vies du Docteur… Les humains arriveront-ils à passer le cap de l’an 2000 ?

Le_Seigneur_du_Temps_02Analyse : Bon, ok, commençons tout de suite par dire ce qui est, on a le regard forcément biaisé quand on commence par la fin. Ou en tout cas, plus tard que le point d’origine. Et dans ce cas précis, je ne sais effectivement pas si j’aurai autant apprécié ce téléfilm que je l’ai fait là. Pourtant, avant de me lancer dans l’aventure, j’avais de grandes craintes. C’est-à-dire qu’il fallait passer derrière David Tennant dans le rôle du Docteur et qu’en plus, ce n’était pas Russell T. Davies aux commandes. Sans oublier que ce téléfilm date d’il y a une dizaine d’années tout de même ! Eh oui, bien que l’action se passe en 1999, il date de 1996 (mais bon, on est habitué à ne pas être temporellement dans la bonne année, on a déjà vécu les JO de 2012 grâce à notre Docteur favori !). Et re-oui, ok, je me suis pas trop mouillé pour ce plongeon dans jeunes années du Docteur. Mais c’est pas trop ma faute. Je voulais plutôt viser dans les épisodes des années 60, 70 ou truc du genre, mais je crois que ça n’a jamais été diffusé en France, donc pas disponible (et pas de sous-titrage non plus, bien évidemment). On a eu le droit qu’aux téléfilms. Hors, ça mettait souvent en scène les Daleks qui ne sont pas trop ma tasse de thé (mais bon, je ferais peut-être l’effort un de ces quatre quand même). Donc voilà, je me suis dit, pourquoi ne pas regarder ce téléfilm qui fait le pond entre les deux « époques » de la série, on minimise aussi les risques de syncope en plus ! Et là, attention, c’est parti !

Le_Seigneur_du_Temps_04D’abord, on remarque d’entrée de jeu que… Mais oui, mais oui, on nous parle bien du Maître ! Et de sa mort ! Et de sa dernière réincarnation !! Alors pardonnez-moi, je ne sais plus très bien ce qui se passe à ce niveau-là en fin de saison 3, mais je me demande si c’est cohérent ou non… Je ne suis pas tout à fait sûr en fait et je me demande si l’équipe de Russell T. Davies a pris en compte ce téléfilm ou non (d’ailleurs, si la série est cohérente avec l’ancienne, puisque ce n’est pas un remake mais quand même une suite)… Enfin bon, on retrouve d’emblée des éléments connus qui mettent assez facilement dans le bain en fin de compte ! Bien évidemment, le fameux générique est toujours là, donc on est propulsé avec d’autant plus de force. Le grand absent de ce téléfilm, c’est le superbe tournevis supersonique du Docteur, qui a perdu ses affaires, prises par le jeune Chang quand celui-ci pense que le Docteur est décédé, mais qu’on aperçoit tout de même (avec une forme plus… primitive !). De même, on reconnaît assez vite le cœur du Tardis qui est dans un style assez similaire et on remarque qu’on retrouve donc le nom de John Smith, ré-utilisé par l’équipe de la série dans un double épisode de la saison 3, on y voit aussi une montre… Bref, y’a beaucoup d’éléments qui se rappellent à notre bon souvenir. On est bien dans le même univers. On assiste aussi au passage de relais entre le septième et le huitième Docteur, qui prend déjà un coup de jeune mais qui garde un aspect assez vieillot (la faut à la coupe de cheveux et aux habits).

Le_Seigneur_du_Temps_03Et là, je vous vois venir avec votre question… Et alors, ce Docteur ?? Mais oui, c’est vrai ça ! Vous voulez que je vous le dise vraiment ou vous préférez garder le mythe intacte ? :D Eh bien, détrompez-vous ! Parce que oui, on retrouve bien le Docteur qu’on aime ! Incroyable mais pourtant vrai. Alors ok, il n’a pas le cabotinage totalement adorable d’un David Tennant (ni son charme, bien qu’il ne soit pas moche pour autant), mais je ne pensais pas retrouver une telle similitude entre les Docteurs, il a ce petit grain qui fait qu’il est le Docteur, ces petits passages un peu surexcités quand il trouve des choses (enfin, quand il retrouve des choses, et sa mémoire en l’occurrence) et bien évidemment, son amour pour nous pauvres humains ! On parvient tout à fait à rentrer dans l’histoire. D’autant plus que pour ne pas changer, cet incroyable séducteur arrive encore à embrigader une jeune femme qui n’a rien demandé dans son aventure contre le Maître. Et Grace figure parmi les bonnes surprises de ce téléfilm. Franchement, elle était très sympathique, avoir plus d’aventures avec elle ne m’aurait pas dérangé (non, pas des « aventures » comme vous le sous-entendez, bande de pervers ! -__- ). Enfin, il faut absolument que je parle du Tardis, qui est en fait le seul « personnage » constant (ou presque) dans la série ! :D Et là, c’est un peu le choc ! Nan, mais passe encore que le Docteur vieillissant est ce style tout à fait british (ah oui, parce que je l’ai pas précisé, mais les deux Docteurs ici, sont quand même typiquement anglais et n’ont pas le côté moderne des neuvième et dixième Docteurs), mais alors, le Tardis ! C’est absolument kitschissime à souhait. On y retrouve le cœur, mais tout le reste autour. D’ailleurs, il semble voyager bien moins vite et c’est pour ça que notre Docteur s’est finalement installé une petite habitation bien sympathique, avec plein de bougies (le calvaire), un tourne-disque, un fauteuil pour prendre son thé et tout… Ah ça, ça nous change du côté très dépouillé du Tardis actuel ! Et on visite quelques parties inconnues pour l’occasion… Et là, on comprend encore plus le sens « du plus grand à l’intérieur ». C’est totalement démesuré ! :D

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Conclusion : Bon, alors vous l’aurez peut-être compris (ou non) à la lecture de cet énorme texte, mais finalement, j’ai beaucoup aimé ce téléfilm. Alors oui, les effets spéciaux ont un peu vieillis (en même temps, les mauvaises langues diront que ceux de l’actuelle série ne sont pas forcément mieux !), c’est une histoire assez classique au final (après tout, le Docteur doit une énième fois sauver la Terre avec sa compagne du moment ! :D), mais c’est assez efficace après la mise en route. On a l’affrontement entre le Maître et le Docteur qui se livre au jeu du chat et de la souris, un rythme relativement soutenu, des personnages agréables (quoique le Maître soit tout de même un poil caricatural, moins barré que celui de la saison 3 de 2005) et en plus, on peut débarquer (c’était aussi tout son intérêt remarque !) en le regardant juste comme ça, tout nous est expliqué. Un bon rattrapage, avec les deux cœurs du Docteur (on apprend qu’il est à moitié humain de par sa mère aussi), ce qu’est le Tardis et tutti quanti. Tout ce qui fait la « mythologie » de la série quoi. Et tant pis si on se questionne parfois sur le côté cohérent avec la suite, le plaisir est ailleurs. Au final, je suis loin de déconseiller aux fans qui voudraient tenter l’aventure de ce téléfilm, j’ai passé un bon moment… ^_^

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