Pas évident de terminer une série… David E. Kelley sauve les meubles (surtout après une saison en demi-teinte) mais s’extirpe du pari d’une bien étrange manière…

ALLY McBEAL – 5x21 Je Vous Aime (Bygones)

Ally_McBeal_Season_4_14016Scénario : David E Kelley

Réalisation : Bill d’Elia

Avec : Calista Flockhart (Ally) ; Greg German (Richard) ; Jane Krakowski (Elaine) ; Portia De Rossi (Nelle) ; Josh Hopkins (Raymond) ; Christina Ricci (Lisa)…

Cote d’amour : **

ALLY_MCBEAL_DISC6_2Résumé : Richard et Lisa surprennent tout le cabinet. En effet, ceux-ci décident de se marier rapidement, alors qu’ils viennent à peine de se rencontrer et malgré leur différence d’âge. Mais ce ne sera bientôt plus le souci d’Ally puisque Maddie est malade, au point de tomber dans les pommes. Ally rencontre le proviseur de sa fille qui lui apprend que Maddie a été victime d’une « partie à trois » (quand une fille écoute une conversation entre deux personnes, l’une étant sa complice qui cherche à faire dire du mal de l’autre) et la progéniture de l’avocate semble bien avoir tous les symptômes d’une dépression. Seul recours pour Ally, repartir à New York où vivait Maddie, où il y avait ses amis, afin qu’elle puisse retrouver un équilibre. La nouvelle de la démission d’Ally est aussi brutale que rapide, puisqu’elle s’en va le jour suivant. Richard tenant à ce que celle-ci assiste à son mariage décide d’avancer la cérémonie qu’ils feront au cabinet. Ces adieux sont l’occasion de revoir Renée et Georgia qui ont appris la nouvelle, ainsi que Billy, qu’Ally fait réapparaître une ultime fois. Ally tire sa révérence pour de bon…

ALLY_MCBEAL_DISC6_8Avis : Voici un épisode qui pourrait finalement être un condensé du meilleur d’Ally, un best of à lui tout seul. En effet, on sent bien qu’il s’agit d’un épisode de fin, on sent bien que les personnages sont en train de faire leurs adieux, et c’est à travers le départ de notre avocate et des réactions de ses amis que le téléspectateur est finalement renvoyé à sa propre situation, ce qu’il vit en visionnant cet épisode, à savoir la fin de la série, l’adieu. David E. Kelley fait tout pour cela et multiplie les allusions. Notamment quand les personnages de Georgie et Renée (joliment kelleyrisées, l’une en saison 4, l’autre en saison 5) reviennent et qu’il y a ces échanges, sur le ton du second degré du genre « on ne t’a pas beaucoup vu cette année ». Une remarque faite au téléspectateur avec ce sentiment que l’auteur sait pertinemment que personne n’a été dupe sur les disparitions sans préavis de certains. Ce sentiment de best of est renforcé tout du long, avec les dernières apparitions des fantasmes d’Ally (le fameux bébé danseur) et quelques flash-back. Bien évidemment, c’est l’occasion de chanter pour une dernière fois dans le bar. Et c’est encore un joyeux medley best of qui nous est offert avec les chansons phares qu’on a pu entendre tout au long de la série… Et une ultime surprise, venant clore le tout en beauté. Barry White, l’autre cœur de la série (surtout vis-à-vis du personnage de John) qui vient boucler la boucle. On rit, on est ému, on est nostalgique… L’intrigue se resserre autour du noyau dur des personnages : Ally, John, Richard, Elaine, Nelle, Renée, Georgia, Billy. Et le départ d’Ally se fait de plus en plus sentir. Elle dit adieu à certains personnages, aux mûrs qui ont vu tant de choses…

ALLY_MCBEAL_DISC6_4Donc finalement, au vu de tout ça, cet épisode est loin d’être mauvais, il contient tout ce qu’un épisode de fin peut contenir, l’identification du téléspectateur est une bonne chose. Cela dit, le problème majeur, c’est qu’il fait un peu hors propos dans cette saison. Bien sûr, il y a un lien avec les épisodes précédents, mais il est minime. Ce lien, c’est Maddie, absente (mis à part la scène de départ). Et puis il y a Lisa, l’une des rares arrivantes qui ne soit pas écartée de cette fin de série. Parce que c’est là où le bât blesse. A l’image de la saison 5 qui n’a pas su où aller, cet épisode fait fi de toute notion de clôture de story-lines. On évoque juste un départ, un adieu. Ce qui est déjà pas si mal, mais il manque un goût d’achevé au tout. Les nouveaux personnages sont vraiment mis de côtés (en même temps, vu comment certains n’auront servi à rien comme celui de Bobby Cannavale !), c’est un peu regrettable. Et puis surtout, surtout, il manque deux personnages essentiels. Lucy Liu aurait au moins pu avoir la décence de venir faire un tour pour ces ultimes aventures. Son personnage ayant disparu sans classe, ça n’aurait pas fait trop toc, une absence peu compréhensible (surtout que la confrontation avec Lisa aurait pu être jouissive). Et puis, manque Larry. L’amour qui aura été la raison de l’état d’Ally durant toute cette saison, s’invitant malgré lui dans la relation amoureuse qu’elle tentait d’établir. D’ailleurs, l’excuse d’aller le rejoindre aurait sûrement été bien meilleur que cette histoire totalement grotesque d’une Maddie sous dépression (même si vu la mère génétique, ça peut se comprendre). Du coup, David E. Kelley nous laisse en plan. Un peu hébété. Il n’y aura pas d’autre conclusion que celle un peu bancale comme quoi ce que recherchait Maître McBeal était cette petite fille. Alors je sais bien qu’au final, une série ce n’est toujours qu’une tranche de vie des personnages qu’on suit, qu’ils ont leur existence imaginaire par la suite, mais ça n’empêche pas de donner au téléspectateur ce sentiment de chemin accomplit. Qui fait donc terriblement défaut ici. Que ce soit pour Ally ou les autres personnages (mais c’est moins grave, la série s’appelle bien Ally McBeal et pas autrement).

ALLY_MCBEAL_DISC6_3

Conclusion : Bref, cet épisode final est à l’image d’une dernière saison un peu en berne. Il y a de très bonnes choses, on est content des retours de Georgia, Billy et Renée, de ce côté « best of » mais finalement, la déception arrive à prendre le pas sur le reste, malgré l’identification du téléspectateur vis-à-vis des personnages de la situation. Cette fin n’est pas une réelle fin, elle n’offre pas de conclusion, elle nous laisse à notre tour prendre le soin d’inventer la destinée d’Ally en ayant, pourquoi pas, les mêmes visions que l’héroïne… En s’imaginant qu’elle rejoindra Larry un jour ou l’autre, ou qu’elle finira par trouver son amour à New York… Finalement, tout reste encore à écrire… C’est peut-être ça le plus dommage. L’héroïne n’a pas atteint le but du point de départ (ou ne finit pas franchement sur un constat d’échec). Vogue vers l’amour Ally… Vogue…

A lire aussi :
Ally McBeal - Saison 1 ; saison 2 ; saison 3 ; saison 4 (review)
4x06 L'Esprit de Noël (review)