Ally allait-elle se remettre du départ de Larry ? Et le téléspectateur aussi, pour l’occasion ? Rien n’est moins sûr pour cette ultime saison…

US ALLY McBEAL – Saison 5 (Dernière Saison)

HE_5_ALLYSEASON5Créée par : David E. Kelley

Avec : Calista Flockhart (Ally) ; Greg German (Richard) ; Jane Krakowski (Elaine) ; Portia De Rossi (Nelle) ; Julianne Nicholson (Jenny) ; Josh Hopkins (Raymond)…

Nombre d’épisodes : 21 (2001/2002)

Cote d’amour : Note_02

juliannenicholsonRésumé : Ally croise une jeune fille bien déprimée. Elle s’appelle Jenny, elle est avocate et Ally trouve en elle son double, ce qui fait qu’elle l’engage aussitôt. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que la place vacante au cabinet Cage & Fish est déjà pourvue. C’est un certain Glenn Floyle qui l’a eue, engagé par Richard. Et quelle n’est pas la surprise de Jenny de voir que son ex-petit ami vient d’être engagé dans le même cabinet qu’elle ! De quoi compliquer des relations, surtout qu’Ally (comme le reste des femmes du cabinet) ne sont pas insensibles au charme du bogosse (comme elle le surnomme avec son thérapeute qui la suit). Un triangle amoureux commence, et se transforme bien vite en quadrilatère quand Raymond s’en mêle. Un autre avocat, ami de Glenn, mais aussi l’adversaire que doit battre Jenny dans une action en justice insensée, qui lui permettra de rester chez Cage & Fish si elle gagne. Pendant ce temps-là, Ling se fait ordonner Juge, John pète un boulon et retombe amoureux d’Ally… Cette fois-ci, notre avocate de charme trouvera-t-elle enfin la perle rare, l’amour, pour de bon ?

James_Marsden___1___HairsprayAvis : Une dernière saison qui commence bien mal. Le départ de Robert Downey Jr a été un coup dur l’année dernière, autant pour la série que pour le personnage d’Ally qui perd ainsi celui qui semblait être parfait. Pour preuve, elle suit une thérapie. Ce qui n’est pas franchement nouveau en soit, mais qui devient intéressant quand on voit la récurrence que ça prend dans la série. Jusqu’à maintenant, c’était avec parcimonie, dans cette saison 5, c’est à tous les épisodes (pendant les 10 premiers en fait). Ce qui en dit long sur l’état émotionnel d’Ally qui ne nous parle pourtant pas beaucoup de Larry, voire jamais, mais qui s’épanche sur ses problèmes de désir, notamment envers le bogosse, le séduisant Glenn (interprété par le nom moins « bavant » James Marsden). Pourtant, tout ceci cache une faille qui réapparaîtra plus tard (l’occasion fugace de revoir un visage qu’on aurait aimé être nettement plus présent malheureusement). Du coup, si cette histoire de thérapie est plutôt sympathique (on est dans le monde d’Ally, il n’est pas étonnant de voir que le fameux psy d’Ally n’est autre qu’un ancien avocat qui avait un rôle récurrent lors de plusieurs affaires la saison dernière ! Une bonne réutilisation de cet acteur, qui est pour une bonne partie dans la tenue plutôt correcte de ce début de saison), les hésitations amoureux de l’avocate ont plutôt tendance à vite gaver. Le plus drôle étant sûrement cette histoire d’âge. On en fait tout un pataquès, alors qu’Ally et Glenn n’ont que trois petites années de différences. Alors, certes, Ally est la plus âgée, m’enfin, de là en faire un histoire, à dire qu’il est trop jeune… Faut pas pousser… Mauvais point pour David E. Kelley qui les alignera malheureusement.

calista_flockhartParce qu’autant dire tout de suite que le pauvre est sérieusement essoufflé. Bon, en même temps, c’est quand même l’un des rares créateur qui écrit tous ses épisodes (sur la série, il n’en aura pas laissé passer beaucoup), mais justement, c’est peut-être là que le bât blesse. Même si on se rend compte que les coups de mains de Constance M Burge (à qui l’on doit Charmed) ou Roberto Benabib ne relèvent malheureusement pas le niveau. David E Kelley semble aussi perdu que son personnage après le départ de Larry. D’abord, point de vue continuité, on a une jolie disparition de personnages sans aucune explication, pas la moindre petite allusion ou quoique ce soit (mais que sont devenus Renée, Jackson et Mark ??), ce qui annonce la couleur d’une saison totalement chaotique, la valse des personnages. Boucler la boucle en faisant rencontrer à Ally son double en la personne de Jenny, dans la même situation qu’elle était avec Billy, c’est une bonne idée sur le principe. Mais le personnage a du mal à être attachant (elle énerve à tout le temps vouloir pousser son ex dans les bras d’Ally) et finalement c’est fait sans profondeur, sans sentiment, d’autant plus qu’après quelques épisodes, ils sont déjà mis de côté pour passer à autre chose. Point de consolation, ils ont un vrai départ et ne sont pas « kelleyrisés », même si l’argument pour les virer est vraiment totalement pas crédible pour un sous. Parce que c’est sur fond de charges qu’ils se font virer (enfin Jenny est priée de partir, Glenn la suit, ça se terminera donc mieux pour le double d’Ally qu’elle !), mais quand on voit que par la suite ils réengagent plus d’avocats, on se dit qu’il y a forcément un gros problème de cohérence.

2255749518_5a56142422Manque de cohérence encore dans les story-lines. Entre personnages absents, personnages qui disparaissent sans explication (le pauvre psy d’Ally en fait les frais), mauvaises histoires et nouveaux personnages loin d’avoir le charme Kelleyséen, ça sent le roussi pour la série. Claire Otoms est pour le moins originale, mais est vite saoulante aussi (sans oublier ses problèmes gastriques dont on se serait bien passer, c’est plutôt de mauvais goût), Wilson n’a rien d’intéressant, et sans doute pire que tout, Jon Bon Jovi dans le rôle du nouveau prétendant d’Ally. Il passe après Larry et Robert Downey Jr, autant dire que la tâche était ardue, le résultat peu convaincant. Le personnage est d’un lisse à faire peur. L’acteur en parle comme ça dans le court bonus dvd de la saison 5 « on le prend pour un ange au départ ». Effectivement, on se croirait limite dans Joséphine Ange Gardien, à toujours donner les bons conseils, être charmant et tout… Trop parfait, trop lisse, pas assez excentrique, loin d’être fait pour Ally (et loin de Larry !! Très loin). Une abomination qui traîne en longueur, surtout que c’est forcément ce moment-là que choisit la fille (très bien cachée) d’Ally pour faire son apparition. Et là, on nous sert le refrain comme quoi c’est ce qui manquerait à Ally… Et non l’amour. Ce qui n’est pas franchement en accord avec le personnage, quand bien même elle voyait déjà des bébés frétiller durant la première saison. D’autant plus que ça éloigne Ally du cabinet, des autres personnages (elle se payera même le luxe d’être pas mal absente de certains épisodes), qu’elle ne plaide pratiquement plus. Le charme de la série est totalement rompue dans cette deuxième partie de la saison. Pour cacher cet état de fait, Kelley utilise bien quelques subterfuges mais c’est plus ou moins convaincant. Ainsi, les guests se bousculent au portillon, notamment lors d’un épisode spécial de 1h20 où l’on retrouve Christina Ricci (récurrente par la suite) et Matthew Perry, puis par la suite et en vrac Kyra Sedgwick, Heather Locklear… Le retour de Peter MacNicole qui s’est plus ou moins éloigné de la série.

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Conclusion : Une saison bien décevante. Pas trop mal commencée, si l’on omet la kelleyrisation de plusieurs personnages, mais qui vire au grand n’importe quoi vers la moitié. En outre, les départs se font sans briller (comme cette dernière saison). On s’aperçoit à peine que Ling tire sa révérence par exemple. Les procès sont plus ou moins intéressants (mais regagnent en intérêt vers la fin de saison, comme celui de la bigamie ou le trouble de la personnalité), mais la série a surtout perdu de son humour, de sa fraîcheur… Reste les personnages de Raymond et Gretta, qui sont sûrement ceux qui s’en tirent le mieux (avec Lisa Bump, interprétée par Christina Ricci, mais elle a eu tendance à m’énerver quand même), même s’ils ne servent pas à grand chose. A noter que la série fête son 100ème épisode de manière plus que discrète (avec un épisode assez banal, même si touchant). Bref, il est bien regrettable de terminer comme ça. D’autant plus que le dernier épisode n’arrange pas les choses. J’y suis revenu un peu plus en profondeur, mais quand bien même il résonne avec le téléspectateur, il est loin d’être une parfaite conclusion à la série (qui avait tendance à devenir un peu trop musicale par ailleurs, les numéros à n’en plus finir des divers acteurs, James Marsden qui prend la place de Lisa Nicole Carson en début de saison, deviennent un peu trop encombrants). Et puis, faut dire que cette dernière saison manque de juges aussi, c’est sympa d’avoir un œil un peu nouveau, même si Albert Hall était parfait… Enfin, même si j’ai peu appuyé sur les bons moments, il y en a fort heureusement. Ne serait-ce que cet épisode qui met en scène Nelle et Elaine dans une relation qu’on avait rarement vue jusque-là. A noter quelques têtes connues comme Bobby Cannavale (New York 911), Jacqueline Bisset (vue récemment dans Nip/Tuck) et Vanessa William (la vilaine Wilhelmina d’Ugly Betty). A noter aussi que si la série ne l’évoque pas directement, elle fait quand même référence à plusieurs reprises aux attentats du 11 septembre qui ont eu lieu en début de saison, ce qui a une répercussion sur certaines plaidoiries, sur certaines histoires (notamment sur l’épisode 5x07 Crise de Foi). Et c’est donc sur cette saison en berne qu’Ally tire sa révérence. Ce qui n’empêchera pas la série d’être marquante à plusieurs égards et qu’on retiendra d’elle ses quatre premières saisons (enfin, les saisons 1, 2 et 4), plutôt que cette dernière fournée…

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