Buffy fait partie de ces séries qui sont passées maître dans l’art des épisodes spéciaux… La preuve avec cet immanquable, nommé aux Emmy pour son scénario…

US BUFFY CONTRE LES VAMPIRES (Buffy The Vampire Slayer) – 4x10 Un Silence de Mort (Hush)

407Scénario : Joss Whedon

Réalisation : Joss Whedon

Avec : Sarah Michelle Gellar (Buffy) ; Alyson Hannigan (Willow) ; Nicholas Brendon (Alex) ; Emma Caulfield (Anya) ; Anthony Stewart Head (Giles)...

Cote d’amour : Note_05

4X10_Hush_2916_1Résumé : Pendant le cours de psycho du professeur Walsh, Buffy fait un drôle de rêve qui la met en scène avec Riley et surtout une petite fille qui chante une comptine, parlant entre autre de Gentlmen. Elle en parle à Giles qui aimerait bien retrouver un peu d’intimité puisqu’il va recevoir une visite. C’est donc Alex qui hérite de Spike en attendant. Willow, quant à elle, assiste une nouvelle fois à son assemblée de sorcière mais en ressort très déçue. Elles n’abordent pas les thèmes qu’elle voudrait. Et du côté d’Anya, elle demande une clarification à Alex sur leur relation. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce matin où personne ne peut parler. Il semblerait que toutes les voix de Sunnydale aient disparu… Mais ce n’est sans doute pas ce qui pouvait arriver de pire, puisque la nuit suivante, deux personnes sont retrouvées mortes, leur cœur arraché. Buffy arrivera-t-elle à arrêter ses effrayants Gentlemen ?

4X10_Hush_3480_1Analyse : Ce qu’il y a de bien avec les épisodes spéciaux de Buffy, c’est qu’ils sont rarement gratuits. Il ne s’agit pas de faire quelque chose d’exceptionnel juste pour marquer le coup mais bien pour faire avancer l’histoire (comme l’a prouvé deux ans plus tard l’épisode musical, 6x06 Que le Spectacle Commence, par exemple). Ici, c’est donc encore brillamment le cas. Un épisode très dense dans son contenu vis-à-vis des personnage. Tout d’abord, il introduit Tara de manière assez intelligente, puisqu’elle se pose en victime idéale du jour. Elle apparaît à peine et son destin semble scellé lorsqu’elle sort la nuit sur le campus. Une utilisation assez intéressante de ce genre de situation qui permet quelques surprises. C’est aussi une rencontre déterminante avec Willow et les deux personnages entrent directement en connexion. Bien évidemment, et on ne le dira jamais assez, malgré son absence de dialogues pendant une bonne partie de l’épisode (une demi-heure environ), c’est avant tout axé sur la communication. Ou plutôt, la difficulté de communiquer. Dès lors, on se rend compte de ce qu’on perd lorsqu’on a plus l’usage de la parole mais c’est dans cette tourmente que les personnages pourront enfin pleinement s’exprimer, sans cette entrave finalement. Buffy et Riley vont ainsi pouvoir se dévoiler leur secret sur leurs identités respectives, quant à Alex il donnera la réponse qu’attendait Anya quant à leur relation. Le tout sans dialogue. Ce qu’on pourrait trouver extrêmement barbant, mais qui ne l’est pas du tout. Comme on a souvent vanté les mérites de Whedon pour les siens justement, il s’agit aussi d’un joli pied de nez prouvant qu’il s’en sort très bien sans.

4X10_Hush_4142_1Et dans cette histoire, l’humour n’est absolument pas perdu. Au contraire, on possède là quelques moments cultes hilarants. On peut bien évidemment parler de la scène de l’amphithéâtre, jouissive à souhait, avec les explications de Giles, le mime de Buffy (un peu pervers !) mais il y a aussi cette façon qu’à de s’exprimer Anya, toujours elle-même même muette (la scène de réconciliation avec Alex) ou bien encore le final avec Riley tout fier de lui qui ne casse pas la bonne chose. En plus de tout ça, cet épisode permet aussi d’entrevoir enfin le thème de la saison. C’est présenté de manière très rapide mais lors d’une très bonne scène. Le côté archaïque de l’arme de Buffy versus l’arme ultra-moderne de Riley. Occulte contre science. Enfin, il y a bien sûr l’intrigue du jour qui tourne autour des Gentlemen. Et pour l’occasion, la série se Burtonifie très bien. Il faut dire que ses monstres (autant les Gentlmen que leurs sous-fifres en camisoles et sans visages) sont de vrais cauchemars ambulants que n’aurait certainement pas renié celui à qui l’on doit Edward aux Mains d’Argent, Sleepy Hollow ou Batman le Défi. Il en va de même pour la musique, bien plus présente qu’à l’accoutumée, avec de superbes thèmes, qui tirent vers ceux de Danny Elfman. Mais la série garde sa patte à elle et nous offre un « horror-show » comme elle ne l’avait plus fait depuis la saison 2. Du pur délice, d’autant plus que le tout est vraiment bien agencé, avec cette terreur qui va vraiment crescendo. En effet, on a d’abord cette parole qui s’évanouit dans la nature. C’est déjà horrible en soit (et l’épisode le montre bien, avec ces gens qui sont paumés et tout, des boutiques qui sont fermées…), mais ça le devient encore plus quand ces histoires de meurtres ont lieu. On se taire forcément. On a peur du moindre petit cognement de porte. Le pire, c’est qu’on a beau crier aucun son ne sort. Le paroxysme du syndrome de la voix qui bloque dans des conditions d’horreurs.

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Conclusion : Un incontournable de la série… Un incontournable des séries. C’est un épisode très riche dans ses thématiques, autant pour les personnages que pour l’histoire qui va enfin pouvoir avancer maintenant que les choses ont été dites à leurs manières… C’est déterminant et ce n’est pas juste une petite démonstration de force. Pour faciliter la transition entre la partie où les personnages parlent et ceux où il n’y a plus de dialogue, on en a encore quelques-uns grâce à la technologie. Ainsi, il y a le journal télé qui nous apprend la situation et l’ordinateur de Maggie Walsh qui transmet ses ordres. Après ça, la série se retrouve véritablement sans dialogue. Seuls les regards, les gestes, les attitudes et la musique viendront exprimer et raconter l’histoire, avec quelques passages écrits bien entendus. Une petite prouesse diablement efficace avec une chute savoureuse entre Buffy et Riley : « il faut qu’on parle »… Gros silence…

En bonus, voici quelques indications de Joss Whedon dans le script de cet épisode… Ca prouve bien que même là, il a un certain sens de l’humour :

EXT. TOUR DE L’HORLOGE – NUIT

De son sommet, on voit toute la ville (ou peut-être pas, mais ça ne coûte rien d’espérer) pendant que le souffle des habitants serpente entre les maisons pour monter jusque-là.

Description d’un Gentleman :

Vieux, blanc comme de la craie, chauve : un genre de Nosferatu croisé avec Hellraiser et mâtiné de Joker. En fait, il ressemble à Mr Burns, sauf qu’il arbore un rictus permanent qui découvre ses dents de métal scintillant.
(Extraits du Guide Officiel Volume 2 parut chez Fleuve Noir).

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OST volume 1 ; OST volume 2 (la bande originale)
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Wallpaper Amber Benson/Tara ; Sarah Michelle Gellar (créations graphiques)