Bon gré, mal gré, M6 a tout de même fini par réussir à diffuser (un peu n'importe comment) cette série un peu boudé par son public… Dommage ?

US DAMAGES – Saison 1

damages_s1_dvd_earlyCréée par : Daniel Zelman ; Greg & Todd A. Kessler

Avec : Glenn Close (Patty) ; Ted Danson (Frobisher) ; Rose Byrne (Ellen) ; Zeljko Ivanek (Fiske) ; Tate Donovan (Tom) ; Noah Bean (David)…

Nombre d’épisodes : 13 (2007)

Cote d’amour : Note_04

18782548_w434_h_q80Résumé : Ellen Parsons est une jeune nouvelle avocate brillante qui est contactée par la célèbre Patty Hewes pour faire parti de son cabinet. D’office, elle la met sur la grosse affaire du moment, celle qui concerne Frobisher dont Patty représente les anciens salariés qui se sont fait floués suite à une fraude. L’avocate est cependant prête à tout pour gagner et Ellen s’en rendra bientôt compte, mettant en danger son mariage avec David. Et visiblement, tout a basculé à un moment, puisque celui-ci est retrouvé mort et on accuse Ellen de son meurtre. Elle a été retrouvé sur les lieux du crime, couverte de sang. Mais qu’a-t-il donc pu bien se passer pour en arriver là ?

18782549_w434_h_q80Avis : Damages, Damages, Damages… Une série qui a plutôt bonne réputation et des récompenses… Oups, je sens déjà que ce n’était pas gagné pour que je l’aime (oui, j’ai un problème avec beaucoup de séries qui sont récompensées, j’y peux rien, je ne suis pas au diapason avec les cérémonies). D’où le fait d’attendre la diffusion made in M6 pour s’y mettre. D’autant plus que ça ne m’attirait pas plus que ça. Et pourtant, il faut bien reconnaître que dès le premier épisode, on est facilement conquis par l’univers de cette série qui n’est que manipulation de bout en bout. D’abord, manipulation de Patty qui use de tous les moyens pour arriver à ses fins. Manipulation des scénaristes qui savent très bien maintenir le suspense en dévoilant petit à petit les pièces du puzzle. Et manipulation des autres personnages qui ne sont pas forcément beaucoup moins doués que Patty pour arriver à leur fin. On a le droit à une construction de l’intrigue qui est vraiment parfaite. On a une grande histoire qui tient sur les treize épisodes sans avoir l’impression de story-lines bouche-trou comme c’est souvent le cas ailleurs. Tout est vraiment d’un bloc (contrairement à Veronica Mars qui avait une partie feuilletonnante et des intrigues indépendantes par exemple). Il faut dire que la très bonne idée de faire avancer en parallèle deux points de départ temporel est une excellente trouvaille. Parce qu’après tout, des séries qui commencent par la fin d’une intrigue (ou presque) pour nous faire un gros flash-back, on connaît (par exemple, la première saison de ReGenesis si j’ai bonne mémoire). Mais l’entrelacement, beaucoup moins. On découvre petit à petit ce qui s’est passé en résonance avec ce qui se passe, chaque partie temporelle étant un élément du grand puzzle.

18782929_w434_h_q80Damages nous trimballe ainsi de date en date, de présent en flash-back divers. C’est sûr qu’il ne faut pas être trop inattentif si l’on ne veut pas perdre le fil des événements mais dans l’ensemble, ça reste largement compréhensible, la série jouant en plus sur les filtres avec un certain brio pour nous aider à resituer la plupart des moments (en plus des pancartes qui sont là). Chaque personnage est un pion qui a sa place sur l’échiquier. En dévoilant les secrets de chacun on avance petit à petit dans l’histoire et vers la découverte de la vérité, de ce qui s’est passé entre le moment où l’on arrive dans la série (l’accusation d’Ellen du meurtre de David) et celui où l’on revient (son entrée chez Hewes & Associates). Et autant dire que la série saura surprendre et ce, jusqu’au terme du Season Final qui ne sera pas avare en rebondissements de dernière minute. On décrit très vite comment fonctionne Patty et jusqu’où elle est prête à aller. Un personnage qui pourra agacer tant il paraît antipathique et surtout manipulateur et qu’on prend parti pour la pauvre petite oie blanche qu’est Ellen. Bref, on adore la détester en gros. Le fait qu’elle puisse aussi paraître plus fragile qu’elle ne l’est n’est pas innocent là-dedans non plus. Finalement, on éclipse assez le côté judiciaire de la série. Pourtant, c’est assez rare de voir un gros dossier prendre autant de temps à être résolu à cause du format qui veut que l’on traite souvent une ou deux affaires par épisodes, un peu comme un procedural policier. Du coup, ça permet de changer un peu de Boston Justice et compagnie, même si c’est surtout fait pour faire rebondir le côté thriller de Damages qui possède une ambiance légèrement oppressante où les morts sont légions. Mais cette plongée dans les coulisses d’une justice plus ou moins corrompue est assez intéressante, chaque partie faisant ce qu’il faut pour obtenir ce qu’elle veut.

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Conclusion : Il sera dur pour la série de faire aussi bon que cette première saison tant celle-ci est maîtrisée du point de vue de l’histoire où il n’y a pratiquement aucun déchet, où le suspense est maintenu suffisamment longtemps et où l’on va de découverte en découverte avec un certain étonnement. Et puis, à l’instar d’un Veronica Mars ou d’un Desperate Housewives, on pourra difficilement faire mieux comme implication au niveau des personnages principaux pour créer la même ambiance (psychologique), même si la fin laisse penser qu’il y aura un certain intérêt. Pas de temps mort. Et si on revoit de nombreuses fois certaines scènes, c’est toujours pour mieux en saisir le contenu, l’affiner ou la compléter. Il n’y a vraiment rien à redire, une des meilleures construction de saison que j’ai vu ces dernières années. Une saison puzzle très cohérente. Patty fera-t-elle aussi bien pour la saison 2 ?