Dans les années 80, le rêve des petites filles était déjà de devenir chanteuse. La preuve avec l’une des plus connues des idoles qui n’existent pas vraiment…

Japon CREAMY MERVEILLEUSE CREAMY (Mahô no Tenshi Creamy Mami) – Intégrale

MerveilleuseCreamy_DVDCréée par : Yûko Kitagawa & Kazunori Itô

Avec les voix française de : Régine Teyssot (Yû/Creamy) ; William Coryn (Jingle) ; Emmanuelle Bondeville (Chantal) ; Hélène David (Sisi) ; Marie-Laure Béneston (Sinon)…

Nombre d’épisodes : 52 (1983/1984)

Cote d’amour : Note_03

creamyRésumé : Yû Morizawa est une jeune fille de dix ans. Ses parents tiennent une crêperie s’appelant Creamy Crêpe. Son meilleur ami s’appelle Charlie et est plus âgé. Elle est amoureuse de lui en secret. Sa vie va totalement changer lorsqu’elle va voir un vaisseau dans le ciel. Celui-ci vient de l’Etoile Merveilleuse et a eu quelques problèmes. Pour la remercier de son aide, Pino-Pino, le maître du vaisseau, laisse à Yû un médaillon qui lui octroie des pouvoirs pendant un an, ainsi que Sisi et Sinon qui veilleront sur elle. Elle devra cependant faire attention à ce que personne ne les découvre, sinon, elle perdrait ses pouvoirs. C’est lorsqu’elle essaie sa toute nouvelle baguette magique qui la transforme en belle jeune femme que Yû croise Jingle dans la rue. Ce dernier est le producteur des éditions Parthénon et leur vedette est en retard. Pour la remplacer au pied levé, il prend donc Yû qui se retrouve malgré elle dans une situation bien délicate. Elle se choisit le pseudo de Creamy en pensant à la crêperie de ses parents et laisse la magie agir pour lui fournir une chanson. Et voici comment naît une future star dont va tomber amoureux Charlie qui la croisera plus tard, Yû faisant une bien vilaine farce à son ami. Mais elle ne sait pas qu’elle va devenir sa propre concurrente. Yû réussira-t-elle à conserver son secret et à séduire Charlie ?

b000nqrvi0Avis : Creamy Merveilleuse Creamy est la première Magical Girl (genre d’animé où les petites filles se transforment à l’aide de pouvoirs magiques, comme Gigi) du Studio Pierrot qui produira par la suite des animés comme Susy aux Fleurs Magiques, Vanessa et la Magie des Rêves ou encore Emi Magique. Au Japon, l’animé a été le support pour lancer la carrière d’une jeune idole inconnue qui interprète non seulement les chansons entendues au cours de la série et qui servent aussi de génériques mais aussi le personnage principal qu’est Yû. Après une pause prise en 1994, Takako Ohta semble même revenue à ses premières amours. En France, toutes les chansons ont été traduites et adaptées dans notre longue. Ce qui est plutôt rare. Même un 33 tours (bon, alors pour les moins de 15 ans qui lisent ce blog, les 33 tours c’est l’ancêtre des cassettes, des cd et du mp3 ! :D) était sorti contenant les chansons en version longues (où l’on s’aperçoit par ailleurs qu’il n’existe au final qu’un seul couplet qui est repris). Elles sont interprétées par Claude Lombard qui chantait à l’époque de nombreux générique de la Cinq (toujours pour nos jeunes lecteurs, la chaîne qu’il y avait avant Arte et France 5 !) comme Le Petit Lord  ou Max et Compagnie et que les fans de Buffy ont pu entendre dans le rôle de Tara dans les parties musicales de l’épisode Que le Spectacle Commence. Mais ce n’est pas elle qui interprète la chanson d’ouverture française, c’est son amie Valérie Barouille, l’autre chanteuse attitrée de génériques de la chaîne. On notera que les adaptations respectent pour la plupart du temps juste les mélodies et pas vraiment le contenu. Ce qui n’est pas franchement un drame en soit… D’ailleurs, j’avoue que j’adore encore écouter les chansons françaises pour la plupart (peut-être plus que les versions japonaises, aux paroles pas franchement plus philosophiques, comme on peut s’en apercevoir dans la version sous-titrée de la série présente dans le coffret collector sorti récemment). Il y a certaines qu’on écoute d’ailleurs assez peu au cours de l’animé. Les chansons qui servent de génériques sont les plus présentes, une sert de chanson de fond et les quelques autres font des passages éclairs lors du dernier épisode. Ce sont celles que j’aime le moins, ça tombe bien.

Creamy589Bon, sinon, pour en revenir tout de même un peu plus au fond de notre animé, il a tout de même pris un petit coup de vieux. Faut dire que le pauvre a déjà plus de 25 ans, ce qui n’est pas rien. Si du côté de l’animation, ça passe encore (seul gros défaut, les passages chantés où les mouvements de bouches ne sont pas du tout synchronisés avec les paroles -que ce soit en VO ou en VF, même si y’a du mieux à la fin de la série-), il faut bien reconnaître que du côté des dessins c’est beaucoup moins ça. C’est assez old school, pas toujours très beau (et on se rend compte de la différence avec des illustrations plus récentes, notamment si on regarde celles de la chara-designer Akemi Takada qui a sorti un artbook). Je crois qu’il faut avoir une petite fibre nostalgique, même si on peut passer ce défaut grâce à une série assez entraînante et moins redondante que prévue. En effet, avec le pitch de départ, on pourrait croire qu’on va se farcir uniquement du Yû qui doit cacher son secret, faire son petit tour de magie et chanter sa chanson. Et bien ce n’est pas vraiment le cas. Passer le cap des premiers épisodes où Chantal s’avère un peu méfiante sur cette concurrente débarquée de nulle part qui a tendance à l’énerver (et c’est plutôt de bonnes intrigues), on oublie un peu cet aspect qui ne revient que de manière ponctuelle. Tant mieux. Creamy n’apparaît pas obligatoirement dans chaque épisode et ne chante pas toujours non plus. En fait, on alterne pas mal les histoires. Parfois ça tourne autour de la carrière de Creamy, parfois ce sont des histoires de la vie quotidienne et la série s’aventure même du côté un peu fantastique. Car en plus des pouvoirs magiques de Creamy et de l’Etoile Merveilleuse, on rencontre quelques créatures légendaires et mythiques, des histoires de fantôme. L’alternance des genres permet vraiment de ne pas s’ennuyer et d’avoir quelques beaux morceaux. Mais il faut bien être honnête, certains épisodes ennuieront plus que d’autres. Personnellement, j’ai un faible pour les histoires de fantômes, qui sont plutôt réussies, avec de bonnes ambiances. Et bien évidemment, les histoires où la pauvre Yû connaît quelques problèmes pour gérer sa vie de jeune fille de 10 ans et sa carrière d’idole.

Creamy02Pas évident d’être les deux à la fois comme va le découvrir notre héroïne. Déjà, au départ elle ne voulait pas trop chanter, elle est embarquée de force dans cette histoire, mais elle y prend goût peu à peu et on la voit donc évoluer un peu tout comme on voit (certes, de manière superficielle) la naissance d’une star et les coulisses d’une carrière (avec une représentation qui semble tout à fait crédible de celle-ci, puisque Creamy fait aussi de la pub, des films et tutti quanti, comme de nombreux chanteurs actuels de l’archipel). En effet, pas d’ascension fulgurante pour Creamy, même si ses prestations un peu magiques ont aidé à la faire connaître. Elle y va en sortant un premier single, puis un deuxième, un album… En faisant beaucoup de représentation télés, de mini-concert, etc., avant d’atteindre le stade supérieur. Pour cela, il faut qu’elle gère. Et Yû s’y prend plutôt pas mal, même si elle doit mentir à ses parents et que ça ne lui plaît pas toujours. L’autre aspect est bien évidemment le côté romantique avec un triangle amoureux, qu’on retrouvera plus tard dans Cat’s Eye avec la jalousie vis-à-vis de l’alter-ego. Même si on n'avance pas vraiment de ce côté-là. Comme pour toutes les histoires d’amour de la série (on pensera à Jingle et Chantal). On en est au statu quo mais ça permet quelques running-gag (Yû qui pique sa crise contre Charlie qui ne pense qu’à Creamy, Chantal -pré-Valériane de Salut les Musclés ! :P- qui gifle Jingle, Bouftout qui n’arrive pas à se déclarer…). Ici aussi on alterne comédie et romance. On pourra noter quelques petits changements au fur et à mesure de la série. Comme le design de Yû (la chaussette qui tombe dans les premiers épisodes disparaît, Creamy a le droit de changer de tenues après être passée par la jaune et la rose pendant quelque temps) ou la transformation de Yû.

creamy4Ici, point de séquence qui revient. Il n’y a pas de transformation à proprement parler. Dans un premier temps, on a le droit à un flash lumineux pour passer de Yû à Creamy, puis vers la fin de la série, on a le droit au morphing en voyant Yû grandir sous nos yeux. Ce qui fait un peu bizarre la première fois, mais on finit par s’y habituer. Notre héroïne change aussi de baguette en cours de route. Bizarrement, la première version n’est pas celle qu’on retrouve dans le générique de début qui est en fait la deuxième version (en étoile). J’avoue que j’en suis d’ailleurs beaucoup moins fan. En plus, ça lui permet un peu moins de choses, mais bon… Il faut aussi dire que la série n’est pas très claire sur les pouvoirs magiques de Creamy. La baguette est sensée donner plusieurs pouvoirs à Yû, mais Sisi et Sinon n’arrivent qu’à déchiffrer une formule dessus, celle qui permet de transformer Yû. Mais plus tard, elle aura tout de même d’autres pouvoirs. On sent la série un peu fébrile de ce point de vue là, mais tant pis, ce n’est pas le plus important. On a par contre une récurrence de certains personnages (comme Joe le Serpent) assez sympathique, et les derniers épisodes arriveront même à flirter avec l’émotion, puisque nous savons, comme Yû, que l’aventure devra automatiquement prendre fin d’une manière ou d’une autre au bout d’un an. Et je dois dire là qu’il s’agit d’une bonne conclusion. J’ai eu ma petite boule à la gorge…

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Conclusion : Si Creamy Merveilleuse Creamy est une série qui a pris un coup de vieux, elle reste encore agréable à regarder pour ses histoires et situations variées, son côté léger et entraînant, ses personnages attachants (franchement, qui ne craque pas devant les deux chatons Sisi et Sinon -le ronchon ! :D, brillamment interprété par Marie-Laure Beneston-) et ses chansons. Parce que si on aime la série, c’est bien aussi parce que Creamy est une chanteuse… Et pour ce que j’ai testé des épisodes VO/VF, l’adaptation est plutôt pas trop mauvaise (rien de profondément changé) et les acteurs donnent le change (il faut les entendre crier ! :D). Ca restera dans la catégorie Magical Girl ma préférée, sans aucun doute (si l’on met à part nos guerrières en jupettes de Sailormoon, à moitié dans cette catégorie). On pourra noter qu’il existe en extra quelques OAV inédites en France (mais bizarrement pas en Italie), dont certaines mettent en scènes toutes les Magical Girls du Studio Pierrot, des clips et des pubs… Enfin, pour connaître le futur des personnages, il faudra en passer par la version originale, puisque c’est le générique de fin qui nous dévoile la chose à travers une succession d’images… A ne pas manquer donc.

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