A une époque, France 4 réservait de très bonnes surprises de programmations en exhumant les fonds de catalogue de France 2…

US ED – 1x20 L’Esprit sur la Matière (Mind Overt Matter)

1254272223781Scénario : Rob Burnett & Jon Beckerman

Réalisation : Marc Buckland

Avec : Thomas Cavanagh (Ed) ; Julie Bowen (Carol) ; Josh Randall (Mark) ; Jana Marie Hupp (Nancy) ; Lesley Boone (Molly) ; Rachel Cronin (Shirley) ; Michael Ian Black (Phil)...

Cote d’amour : Note_03

35th_Annual_People_Choice_Awards_Portraits_8OROVpcyM1nlRésumé : Ed apprend qu’un bowling concurrent vient d’être détruit. Le voilà alors qu’il se met en tête de faire classer le sien monument historique pour qu’il lui survive et qu’il ne lui arrive jamais rien. Sauf qu’il ne sait pas bien comment faire passer une telle requête. De son côté, un habitué qui vient le voir lui parle de ses médicaments à 85$. Phil, toujours sur les bons coups, lui propose de faire un médicament générique et lors des tests pour connaître la composition, il s’avère qu’il s’agit en fait d’un placebo. Ed décide d’attaquer en justice pendant qu’un vieil homme vient lui louer le bowling pour le soir du 9 mai, une tradition pour lui et ses amis. Quant à Molly elle connaît une petite déconvenue lors de sa soirée avec son ami. Alors, Ed réussira-t-il à faire classer son bowling ?

MV5BMTgxODg2NDI0MV5BMl5BanBnXkFtZTYwOTIzMzQ3Avis : J’aurai pu parler d’Ed dans le cadre de la rubrique souvenirs-souvenirs (fort peu usitées), mais d’une part c’est pas si vieux que ça et d’autre part, je suis finalement retombé sur un ancien enregistrement gardé sur une cassette vidéo qui me permet donc d’en parler au travers du prisme de cet épisode. Parce que L’Esprit sur la Matière contient tout ce dont j’avais gardé comme sensation à propos de la série. Pour remettre un peu les choses en place pour ceux qui ne connaissent pas Ed, c’est un show dans la veine d’un Providence, où c’est le retour aux sources dans une petite ville tranquille. En l’occurrence, Ed revient à Stuckeyville et reprend un bowling, le Stuckey Bowl, lui qui était avocat, et retrouve aussi ses amis d’enfance, dont Carol dont il était amoureux. Mais comme « chassez le naturel, il revient au galop », Ed continue son premier métier en installant le cabinet dans le bowling. Une première. Et c’est que dans cette petite ville de Stuckeyville il s’en passe des choses. Comme le prouve d’ailleurs cet épisode à la triple intrigue croisée… Chaque épisode contient toujours une petite touche de juridique avec Ed qui se voit confier des affaires plutôt de la vie courante, comme ici avec cette histoire de placebo vendu à un prix prohibitif où on peut se demander si la fin justifie les moyens et jusqu’où peut-on aller dans le mensonge pour soulager des personnes. C’est sans doute la petite touche originale de la série par rapport à d’autres de ses consœurs du même genre d’ailleurs. Une partie pas désagréable en général qui permet éventuellement de ne pas faire fuir ceux que les histoires toutes simples n’intéressent pas.

Josh_randallParce que l’autre grande partie de l’histoire de la série, c’est de simplement proposer cette vie quotidienne, sans autre véritable enjeux que les amours, le boulot et problèmes que tout à chacun peut rencontrer. A ce stade là, il s’agit alors pour la série de savoir dégager du charme. Et ça, Ed l’a parfaitement (d’ailleurs, autant la série que le personnage principal). Parce que certains personnages ont quand même un p’tit grain de folie pour venir égayer une série qui aurait pu être un peu trop ronronnante. Phil pourra sans doute exaspérer un peu (ce qui fut un peu le cas ici pour tout vous dire), mais Shirley la secrétaire est excellente dans son rôle de coincée un peu maladroite, qui se pose bien des questions (ici, que doit-elle faire quand un client vient voir Ed celui qui tient le bowling alors qu’elle est secrétaire du Ed avocat ! :D). Il y a aussi cette relation entre Ed et son meilleur ami qui se lancent des défis idiots pour 10$ (ici, Ed doit crier « J’aime les chattes » ou quelque chose du genre dans son bowling). Des bêtises d’ados, parce que quelque part les personnages y sont encore un peu, malgré leur entrée dans la vie active il y a de cela plusieurs années. Molly est par exemple touchante ici dans son complexe par rapport à son amie. Il ne se passe pas grand chose, mais les relations sonnent vraies et naturelles. La série touche la corde sensible sans faire dans la sensiblerie, équilibre pas si évident que ça.

5673

Conclusion : Voilà un épisode qui m’a rappelé pourquoi j’aimais bien Ed. Alors certes, pour moi ce ne sera jamais la super série extraordinaire et tout, mais elle possède un charme et une authenticité qui fait du bien parfois. Le mélange un peu improbable des genres est aussi relativement sympathique, j’aime bien le côté juridique qu’a la série, comme la plupart de ses personnages. Chose assez rare, me semble-t-il, il n’y a eu que les deux premières saisons qui ont eu le droit à une version française. Les deux autres n’ont pas été achetées (ou doublées je ne sais pas). Ce qui est fort regrettable, France 4 n’ait donc jamais allé au-delà. Quant aux fans du Diable et Moi, ils pourront retrouver ici Michael Ian Black.