S’il y a bien une fille que vous n’aurez pas forcément envie de croiser dans l’univers de l’auteur, c’est peut-être bien Yûki…

Japon TSUKASA HOJO - Rash

rash_02Auteur : Tsukasa Hôjo

Editeur : Tonkam

Nombre de volumes : 2

Prix : 5€75

Cote d’amour : Note_03

Résumé : Yûki Asaka est sur la route, de retour dans sa petite ville natale qu’elle avait quitté pour partir faire des études de médecine. Elle croise un car de prisonniers qui se dirige vers la petite ville d’Ootsuki et s’en amuse un peu. Sauf qu’un incident se produit et que certains vont tenter de s’échapper. En bon médecin qu’elle est, elle va tout faire pour soigner ses patients qui auraient peut-être bien aimé ne pas croiser la route de ce « monstre » qui s’occupera d’eux dans le futur, puisqu’elle est venue remplacer sa grand-mère qui se fait un peu vieille. Tout ceci au grand désespoir de son ami d’enfance, Tatsumi, flic de son état, et souvent dommage collatéral des décisions de Yûki. Mais si tout cela ne cachait pas quelque chose entre les deux amis ?

rash_01Avis : Rash ne fait sûrement pas parti des inoubliables de Tsukasa Hôjo, le fameux auteur de Cat’s Eye, City Hunter (Nicky Larson pour l’animé dans nos contrées) ou encore Family Compo et dernièrement Angel Heart. Il faut dire que comparé à ces derniers, Rash n’aura duré que deux petits volumes (la série la plus courte publiée chez nous après Sous un Rayon de Soleil). Et puis, c’est sans doute ce qu’on peut appeler une œuvre de transition, entre deux plus gros mastodontes qu’il a l’habitude de créer. Rash a en effet été publié entre City Hunter et Family Compo, série pour laquelle il avait changé de revue de prépublication au Japon, passant alors dans la catégorie seinen -plutôt adulte- (alors que jusque-là, il était publié dans un magazine shônen -soit plutôt ado-). Et peut-être que le plus gros problème de Rash, c’est justement de jouer dans la même catégorie que le plus célèbre chasseur des villes. Pire encore, proposer un couple de héros assez similaires, que ce soit au niveau du design et du caractère. Impossible de ne pas immédiatement penser à Kaori dès que l’on voit Yûki débarquer, avec la même coupe de « garçonne » et une attitude de fureur qui ne trompe pas (on attend la massue 100t mais elle ne sortira jamais néanmoins). Dans la catégorie fille qui ne se laisse pas faire, Yûki est plutôt une bonne représentante, vous assénant quelques coups bien sentis. C’est quand même le « héros » de la série, contrairement à sa consoeur de City Hunter, d’où peut-être des aspects qui se mélangent un peu entre les deux héros des deux séries si on fait la comparaison. Car si Tatsumi n’est pas aussi doué que le célèbre Ryô Saeba côté tire, il a en tout cas hérité de son côté comique et qui refoule ses sentiments. Alors voilà, ça sent quand même le gros réchauffé et c’est sans doute dommage.

Cela étant dit, il faut bien reconnaître que ça reste quand même bigrement efficace et que les petites différences dans le premier volume arrivent à donner au moins une petite fraîcheur et que l’humour est redoutable. Certes, là encore on ne pourra s’empêcher de penser à quelques passages de l’œuvre précédente du mangaka (avec trente cinq volumes -en édition originale japonaise- il faut dire qu’il a abordé pas mal de thèmes) mais peu importe. La situation de départ semblait prometteuse, avec une Yûki médecin qui va au-delà pour traiter le « mal à la racine », pas qu’en soignant ses patients, mais la cause profonde, donc en allant au devant des ennuis et en se mêlant de ce qui ne la regarde pas (une version punchy de nos séries bien françaises quelque part, où même les pompiers jouent aux assistantes sociales par exemple… :P). On s’attendait donc à voir un peu plus Yûki en médecin rentre-dedans, qui remet les prisonniers à leur place mais… Ca ne dure pas. Sans doute peut-on penser que ce lieu semblait trop étriqué, mais c’est surtout le fait que ça ne marchait pas qui a dû précipiter un peu les choses et donner un second volume assez différent, plus sombre, plus City Hunterien que jamais, avec une idée très poussée de ce qu’est « combattre le mal à la racine » et une question d’éthique et de moyens mis en œuvre. Ca arrive trop brusquement et j’avoue que je trouve que ça colle mal à l’univers développé en premier lieu. On sent de toute manière que les choses ont vraiment été réduites à leur maximum pour apporter une conclusion à cette courte série. Quelque part, c’est sans doute dommage mais au moins, on ne se retrouve pas le bec dans l’eau.

Conclusion : Rash est loin de fleurer bon l’originalité, surtout quand on connaît l’œuvre précédente de Tsukasa Hôjo, on y repense très souvent, que ce soit au niveau de l’humour, des personnages et des situations. Néanmoins, ça fonctionne. Et sur deux volumes, on ne crachera pas dessus non plus. Personnellement, j’ai quand même une préférence pour le premier volume qui met en place l’univers et les personnages, beaucoup plus basé sur l’humour et les compétences de médecin de Yûki que personne ne prend vraiment au sérieux à cause de sa réputation et de son côté casse-cou. C’est ce qui fait tout le charme de ce personnage frondeur, qui sait vous mettre KO n’importe quel type. Après, on est dans quelque chose de plus porté sur l’action et le combat, pas tout à fait ce qu’on pouvait en attendre. Reste les superbes dessins du mangaka. Un petit Hôjo difficile à trouver par les temps qui courent (soit en occase, soit attendre une réédition de la part de Panini qui détient les droits de toutes les séries de l’auteur), mais qui devrait au moins faire plaisir aux fans… Ou aux novices qui ne connaissent pas l’univers d’Hôjo…

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