Vous reprendrez bien un peu d’Homme Chauve-Souris en ce mois de juin, avec le deuxième opus, non ?

US BATMAN LE DEFI (Batman Returns) – 15 juillet 1992

19253696Scénario : Daniel Waters & Sam Hamm

Réalisation : Tim Burton

Avec : Michael Keaton (Bruce/Batman) ; Danny DeVito (Le Pingouin) ; Michelle Pfeiffer (Sélina/Catwoman) ; Michael Gough (Alfred) ; Christopher Walken (Max) ; Pat Hingle (Gordon)

Cote d’amour : Note_04

18825565Résumé : Trente après qu’un bébé fut jeté dans les égouts, une étrange rumeur se propage à Gotham City : la présence d’un homme pingouin. En cette période de fête, c’est l’illumination de l’arbre de Noël qui vire malheureusement vite au chaos quand un paquet géant explose, faisant sortir de nombreux artistes de cirques qui sèment la terreur. De son côté, Séline Kyle, secrétaire du grand ponte Max Schrek, s’avère un peu trop entreprenante dans son travail et découvre les magouilles de son employeur qui n’hésite pas à la jeter dans le vide. Mais elle se relève et compte bien se venger. Pour cela, elle se glisse dans la peau de Catwoman, femme beaucoup plus entreprenante que Sélina. Batman va alors devoir faire face à deux adversaires qui vont s’unir pour obtenir sa perte. D’autant plus que le Pingouin se joint au plan de Max Schrek pour renverser l’actuel maire de la ville. Batman relèvera-t-il le défi ?

18825563Analyse : Voilà donc le film fondateur de mon amour pour l’homme chauve-souris ! Bon, bien sûr, je connaissais ce personnage avant, parce que j’ai regardé cet énorme monument qu’est la kitchissime série des années 60. Mais Batman le Défi marque un véritable tournant. Et puis ce film, c’est aussi plusieurs souvenirs personnels. D’une part, la première fois que je me faisais avoir à Paris et ses diffusions en VOST, d’autre part, parce que c’est aussi la toute première cassette vidéo que j’ai achetée… Et c’était avec les sous reçus par le Père-Noël. Et vous me direz, vu la période du film, c’était plutôt bien tombé ! Forcément, c’est aussi ce film qui m’a fait bien aimer le personnage de Catwoman et son actrice Michelle Pfeiffer. Pour la première, par la suite, malheureusement, j’ai eu une vision peut-être arrêtée de ce que devait être Catwoman et peu auront trouvé entièrement grâce à mes yeux (à cause du costume dans l’animé The Batman par exemple !). Et sûrement pas Hale Berry et son costume qui m’aura traumatisé à vie. Quand je pense qu’à l’époque il était justement question d’un film de Burton avec Michelle Pfeiffer sur Catwoman… Un spin-off quoi… J’aurai tellement aimé voir ce que ça donnait. Donc, oui, faut que je l’admette tout de même, cet amour pour ce film provient en grande partie de la présence de Catwoman. Cela étant dit, c’est loin d’être son seul atout. Même si je suis beaucoup moins fan du Pingouin, et qu’il a une ou deux scènes qui m’énervent un peu (le passage dans Batminimobile notamment), il faut reconnaître que Burton et son équipe donne à celui-ci une profondeur rare pour le genre. D’ailleurs, c’est assez caractéristique des méchants de ce film. Batman passe alors au second plan mais s’intègre parfaitement dans ce qui nous est raconté : la lutte entre l’homme et l’animal.

batman_returns_ver6Chacun des trois protagonistes principaux à en effet cette dualité en lui. Qu’il soit plus pingouin qu’homme, femme que chat, homme que chauve-souris. C’est une quête identitaire qui est soumise aux événements imprévus de la vie. Pour cela, j’aime beaucoup le personnage de Sélina et Catwoman, parfait exemple de ce combat. On voit au départ cette femme, pas forcément très belle (ou n’assumant pas sa féminité en tout cas), un peu « vieille fille », se faisant marcher sur les pieds mais déjà un peu folle. Quant Max la balance et qu’elle se réveille, c’est une nouvelle femme qui est née. Mais Sélina est éteinte (voir la deuxième scène où elle rentre chez elle et la plupart de ses autres apparitions par la suite), Catwoman prend le dessus, et lui donne finalement toute l’assurance dont elle a pu manquer, la transforme en femme très sexy, avec son costume très moulant en cuir noir (et on peut imaginer que les coutures en forme de points de suture ne sont pas anodins, représentant assez bien le côté cassé du personnage, qu’on retrouve par exemple chez Sally dans L’Etrange Noël de Monsieur Jack). Son côté fou va ressortir aussi (oui, parce que Sélina n’était déjà pas forcément nette au départ, voir quand elle s’amuse à « taser » un des méchants quand Batman la sauve). Sélina et Catwoman représentent deux facettes extrêmes de la femme : celle qui est soumise, celle qui est libérée. Pour cela, je trouve que cette vision est vraiment réussie. Bon, sans compter qu’ici, la love-story qui se développe entre elle et Batman est aussi très intéressante, que ce soit la progression de l’histoire (les rencontres des deux facettes des personnages) ou l’amour qu’on sait d’avance condamné parce que n’évoluant pas tout à fait du même côté de la barrière (ici Catwoman n’est d’ailleurs pas vraiment une voleuse, mais plus une femme en quête de vengeance).

18825561De manière générale, le ton du film est plutôt sombre, voire tragique. Comme le prouve le personnage du Pingouin qui annonce la couleur dès le départ, avec ce pré-générique où l’on assiste à sa naissance et son devenir : aux égouts. Là, c’est un peu le contraire. Lui qui est plutôt « bête », va finalement tenter de chercher un peu de son humanité mais avec l’aide de la mauvaise personne : Max Schreck. Celui qui n’agit que pour son propre intérêt. Le Pingouin est touchant, parce qu’au départ, ce n’est pas de sa faute. Il a été rejeté, condamné à vivre dans les égouts, avec un physique disgracieux. Il a su se créer une famille et surtout s’entourer de compagnons à sang froid comme lui. C’est cette relation que le final exploite très bien par ailleurs. Batman quant à lui, devra plus faire face à quelques rumeurs et surtout son attirance pour la féline Catwoman qui sait jouer de ses charmes pour arriver à obtenir ce qu’elle veut. Le triangle est efficace et assure le spectacle sans temps mort ni trop de longueurs. Avec tout ça, on peut quand même noter que le film jouera aussi sur le second degré pour alléger un peu le propos, prendre un peu de distance. Je trouve qu’il y a certain nombre de bonnes répliques dans Batman le Défi (en fait, dans pratiquement toutes les apparitions de Sélina ou Catwoman, je pense qu’il y a quelque chose à garder ! Parmi mes préférées « C’est la fiesta non-stop chez Sélina Kyle et son cher répondeur » et « C’est bien mon nom Maxi-mignon, mais à force de l’user, vous allez me l’user ») et quelques moments visuels qui donnent le sourire (Catwoman qui se « casse un ongle/une griffe », le Pingouin qui se déplace avec son canard, le Batarang de Batman chipé par un petit chien). Sans parler des magnifiques décors gothiques, impressionnants, et en plus sous la neige, et des thèmes de Danny Elfman qui sont envoûtants (et si je parle du thème de Catwoman, ça n’étonnera plus personne à ce stade de la lecture). Je noterais aussi un formidable passage où la caméra se dirige vers le Pingouin à travers le zoo… C’est juste superbe.

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Conclusion : Un univers moins polar noir pour ce second opus de Tim Burton, plus « conte de fée gothique » peut-être (plus Burtonien sûrement), mais aux personnages vraiment réussis et profonds. Alors bien sûr, on pourrait toujours tiquer sur certains événements et tout, mais ça passe bien au-delà du plaisir procuré par ce trio qui luttent contre leurs doubles. Michelle Pfeiffer est magnifique en Catwoman. Et les fans de Buffy pourront reconnaître le visage de Vincent Schiavelli qui jouait l’oncle de Jenny Calendar dans la saison 2. Avec certitude, mon Batman préféré en film pour bien longtemps encore je pense. Parce que c’est tout l’univers que j’apprécie et que j’aime retrouver quand on évoque l’homme chauve-souris. Sans Burton aux commandes, que va donc bien pouvoir donner la suite ?

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