L’une des grandes force de Clamp, c’est sûrement leur diversité au cours de leur carrière, comme le prouve ce one-shot atypique.

Japon CLAMP – Celui que j’aime (Watashi no Sukina Hito)

celui_que_jaimeAuteur : Clamp

Editeur : Tonkam

Nombre de volume(s) : 1 (one-shot)

Prix : 8€99

Cote d’amour : Note_02

clamp2Avis : A œuvre atypique, article légèrement atypique aussi. Pas de résumé de l’histoire. Ben oui, parce que comment faire quant en fait le one-shot s’avère être une compilation d’histoires courtes autour de l’amour et aucun autre lien (ni personnage récurrent, ni récit sur la longueur) ? Le concept va même plus loin que cette compilation de nouvelles puisqu’il y a très précisément sept pages de manga et deux ou trois pages « d’essai », de pensées, narrées par un des membres de Clamp (sans que ce soit vraiment dit qui, on suppose que c’est l’une des deux Clamp principales en charge de cette œuvre en particulier). Il y a douze « scènes », douze femmes différentes et douze manière de parler de l’amour et des doutes qu’on peut avoir en amour : vouloir être différente, vouloir être belle, être inquiète, se poser des questions sur le mariage… Pas de grand récit tragique ou apocalyptique donc mais des situations quotidiennes que tout le monde peut vivre un jour ou l’autre. Alors c’est sûr que parfois nos femmes pourront agacer un peu le lecteur sur certaines questions ou on pourra se dire que c’est une vision peut-être un peu rétrograde (avec la femme un peu soumise, docile) mais il faut aussi remettre les choses dans le contexte japonais et la date de publication de l’œuvre (entre 93 et 95), ce serait sûrement légèrement différent à notre époque.

celuiquejaimeplIl est donc certain qu’il faut apprécier un peu le côté sucré voire guimauve des histoires, d’autant plus qu’elles sont succinctes mais arrivent toujours à amener leur « morale » de manière logique (parfois prévisible, mais logique). Enfin, dernier côté atypique de ce one-shot dans l’univers Clamp, ce n’est pas Mokona Appapa la principale dessinatrice du groupe qui s’est chargé des graphismes ici, mais Mick Neckoi (plutôt reléguée aux SD notamment) qui dessinera aussi Wish ou J’aime ce que J’aime. On reconnaît bien son style, notamment lorsqu’elle dessine des enfants, plus proches des SD qu’autre chose. Du coup, les planches sont très claires, puisqu’il y a peu de trames, peu de noir et le tout étant plutôt sobre (pas de pétales de cerisiers à la Sakura ou de grandes roues du Destin à la X par exemple). Ca perturbe quand on n’est pas habitué à ce style (et à l’époque où l’œuvre a été publiée en France, c’était le cas) mais on s’y fait et ça n’a vraiment rien de désagréable. Les petites pages de texte à la fin de chaque « scène » sont assez intéressantes puisqu’elles permettent souvent de comprendre d’où vient l’inspiration pour les histoires et ce que les auteurs ont voulu exprimer. Une version un peu plus longue des commentaires qu’on retrouve souvent dans les shôjo mangas en cours de chapitres.

Conclusion : Bon, Celui que j’aime sera loin d’être le plus inoubliable des mangas Clamp de par son graphisme ou l’intérêt de son histoire, mais sa forme reste atypique et marque. Et puis, pour peu qu’on aime un peu ce genre de pensées amoureuses, le plaisir devrait être présent. Pour ce one-shot, Tonkam a réalisé une édition fort luxueuse (surtout pour l’époque je crois), avec du beau papier blanc un peu cartonné et épais (ce qui fait sans doute que contrairement à d’autres mangas de l’éditeur, le papier n’a pas jauni avec le temps) et le premier chapitre tout en couleur. Malgré ses 130 pages, le manga est aussi (voire plus) épais qu’une édition classique de 200 pages (elle est aussi plus grande en hauteur).