C’est avec une saison bien amputée que la dernière création de David E. Kelley a quitté l’antenne de sa chaîne… C’était mieux que la fin d’Ally ? :D

US BOSTON JUSTICE – Saison 5 (Dernière Saison)

16075Créée par : David E. Kelley

Avec : James Spader (Alan) ; William Shatner (Denny) ; Candice Bergen (Shirley) ; John Larroquette (Carl) ; Christian Clemenson (Jerry) ; Tara Summers (Katie)

Nombre d’épisodes : 13 (2008)

Cote d’amour : Note_03

134928Résumé : Cette année, c’est décidé, Alan et Denny sont prêt à tout pour marquer le coup et mener de grandes batailles impossibles, comme celle de faire un procès aux fabricants de tabac, puisque Bethany lui demande un coup de main sur ce dossier. Mais pour y arriver, Alan va devoir faire à nouveau face à une ancienne collègue et conquête. Pas si aisé que ça. Lors d’un check-up médical, Denny comprend que sa maladie a progressé et le sujet le turlupine beaucoup. Il compte bien évidemment sur son meilleur ami pour ne pas le laisser devenir un légume. Alan ne sait pas encore à quoi il s’engage. De leur côté, Shirley et Carl apprennent de bien mauvaises nouvelles concernant le cabinet tandis que le duo Jerry et Katie fonctionne toujours aussi bien. Quel avenir pour Alan et Denny ?

0000035029_20061021051156Avis : Je crois qu’il n’y a pas une saison de la série qui aura connu le même nombre d’épisodes. Celle-ci est la plus courte et donc, une espèce de retour aux sources pour la création de David E. Kelley qui a commencé avec une fournée de 16 épisodes. La boucle est bouclée. Et pas seulement au niveau du nombre d’épisodes d’ailleurs. Dès le départ, nous savons que c’est la fin mais nous ne sommes pas seuls, puisque les personnages, Alan et Denny en tête, le savent aussi et l’annoncent même dès le Season Premiere ! Eh oui, à nouveau, ils brisent le quatrième mûr, celui qui fait qu’ils sont plus ou moins conscients d’être des personnages de fiction. Ce n’est pas la première fois que le créateur utilise ce procédé, mais il s’était fait plus en retrait la saison précédente (hormis concernant un changement d’heure dans la programmation aux USA relayé par les personnages eux-mêmes). C’était donc pour mieux revenir en force. Et l’impression que ça donne (en tout cas, que ça me donne), c’est que David E. Kelley en avait gros sur la patate par rapport au traitement de sa série par la Fox. Il multiplie ainsi les appels du pied et les reproches. L’un des exemples les plus flagrants est sans conteste quand Carl se voit confier une affaire concernant la télé et les personnages de fictions ayant un âge vénérable. Et c’est quelque part tellement vrai cette situation d’ode au jeunisme. Parce que ce qui fait tilter dès le départ quand on découvre Boston Justice, c’est effectivement l’âge moyen des personnages principaux, très éloigné de la trentaine ou de la vingtaine qu’on retrouve si souvent. Et on ne peut que se dire que justement, c’était un vent de « fraîcheur ». On pourra d’ailleurs noter que ça n’empêche nullement un public jeune de pouvoir apprécier les aventures du cabinet Crane, Poole & Schmidt.

18966206_w434_h_q80David E. Kelley est indéniablement passé maître dans l’art de briser le quatrième mûr tant c’est cohérent par rapport à la loufoquerie de la série (pourtant abordant toujours des thèmes aussi sérieux) et que ça coule de manière plus que naturelle. Cette saison ne déroge pas à la règle qui veut que les personnages sans saveur ou épuisés de la saison précédente se fassent kelleyrisés. C’est par exemple le cas de Clarence. Pas un mal vu ce qu’il était devenu. Et seule Katie (et Carl aussi) en réchappe. Cela dit, pas de nouveau cette année. Et tant mieux, puisque ça permet à l’auteur de ne pas se perdre et de rester concentrer sur ceux qu’on aime vraiment, ceux qui sont le noyau dur de la série. Chacun aura donc le droit à son petit quart d’heure de gloire, ainsi qu’a sa petite story-line personnelle qui trouvera une conclusion. Bien évidemment, comme toute série se sachant sur la fin, Boston Justice n’hésite pas à battre le rappel de quelques figures emblématiques dont je vous laisse la surprise et continue d’exploiter ses thèmes de prédilection (si les débats de société sont moins nombreux, ils sont toujours très pertinents) et ses gimmicks (comme l’épisode hors Boston). La saison s’avère par contre un nouveau un poil plus sombre que la saison 3, à cause de la façon d’aborder certaines parties de l’histoire, notamment celle de Denny et de sa maladie. Jusqu’ici, ça avait beaucoup fait rire, malgré une ou deux petites pointes d’émotion. Dans cette saison, c’est clairement ce dernier sentiment qui domine, bien que ce soit prétexte à une certaine folie, amenant une conclusion totalement logique à l’amouramitié Alan/Denny développée depuis le début. Et là, je crois qu’il n’y a rien à redire de ce point de vue. Boston Justice partira la tête haute…

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Conclusion : Cette fois, David E. Kelley n’aura pas eu le temps de saborder son travail et son univers, la série aura su maintenir une certaine qualité au fil des saisons (tout en se rappelant que les débuts sont loin d’être ce qu’il y a de meilleur, faut que le moteur chauffe) et cette dernière saison le prouve allégrement. Il faut croire que quand le créateur est remonté, ça fait bien fonctionner sa plume ! :D La pique sur l’idée d’un spin-off sur une autre chaîne par exemple, est totalement savoureuse. Le repas de Thanksgiving est croustillant. L’avancement des petites intrigues personnelles est bien mené (ce n’est pas ce qu’il y a de plus prédominant mais pourtant, c’est ce qui servira de base au Series Finale et ça convient tout à fait bien ici). Les sacrés numéros de Crane, Poole & Schmidt vont donc rejoindre leurs amis de Fish & Cage, au rayon des séries qu’on aura sûrement très souvent envie de revoir encore et encore sans se lasser. J’ai comme une soudaine envie de me fumer un p’tit cigare sur le balcon dites donc…

A lire aussi :
Boston Justice - Saison 1 ; Saison 2 ; Saison 3 ; Saison 4 (reviews)