A l’heure où les experts en toutes choses pullulent sur nos écrans de télé, revenir aux bons vieux fondamentaux, ça a aussi du bon…

US ARABESQUE (Murder, She Wrote) – Saison 1

5050582421002Créée par : Levison , Link & S. Fisher

Avec : Angela Lansbury (Jessica Fletcher) ; Michael Horton (Grady Fletcher) ; Eleanor Thomson (Rosanna Huffman) ; Tom Bosley (Shérif Amos Tupper) ; Claude Akins (Ethan Cragg)...

Nombre d’épisodes : 23 (1984/1985)

Cote d’amour :  Note_03

18440924Résumé : Après la mort de son mari, Jessica Beatrice Fletcher, une enseignante à la retraite, se met à écrire des romans, juste pour passer le temps. C’est sans compter sur son neveu Grady qui envoie un exemplaire à des éditeurs. Et voilà comment Jessica devient une célèbre romancière dont la spécialité est le policier. Avec son sens de la déduction et de la logique, elle est aussi amenée à résoudre des crimes, notamment quand son neveu est accusé d’un meurtre. Depuis, elle est devenue la célébrité de Cabot Cove, la petite ville du Maine pas si tranquille où elle habite et y aide parfois le shérif Amos Tupper, toujours prêt à déguster ses bonnes pâtisseries. Là où Jessica passe, le crime trépasse ?

18440923Avis : Ah Arabesque… Ou la série française au titre français peut-être le plus mystérieux de toutes les VF (quelqu’un a une explication ?). De nombreux souvenirs de dimanches après-midi face à cette série… Et sans doute d’autres jours de la semaine aussi, vu qu’elle a été pendant très longtemps rediffusée sur TF1. Mine de rien, la série a déjà 26 ans. Et c’est peut-être ce qui fait encore tout son charme face à la production actuelle des séries policières américaines. En effet, un produit comme Arabesque, on ne sait visiblement plus en faire sur le sol de l’oncle Sam. J’ai beau y réfléchir, je ne vois rien. Même Castle, qui reprend le concept de l’écrivain qui résout des crimes, est imprégné de toute son époque (notamment parce qu’il n’y a pas qu’un seul personnage récurrent et aussi parce que l’intrigue policière est à peine la priorité). J’avoue que ce genre me manque un peu (heureusement qu’il y a Détective Conan -mais c’est un produit des années 90 déjà- pour me fournir cette dose). Donc c’est avec un immense plaisir que j’ai retrouvé Jessica Fletcher pour ses toutes premières aventures. Très honnêtement, je n’ai pas de souvenir vraiment marquant des épisodes et je ne saurai dire ceux que j’ai vus et revus (peut-être ceux de saisons plus tardives). C’était donc une quasi-redécouverte (en fait, je dis quasi, parce que j’avais revu cette première saison l’année dernière, écrit un article dessus, mais celui-ci a mystérieusement disparu, sans doute victime d’un crime sur mon ordinateur que j’ai moi-même commis… Alors voilà ma punition. Revoir cette première saison et réécrire un article dessus). Dès le départ, la magie fait son œuvre, surtout quand résonne le thème si familier et que ces images à l’ambiance sombre, propice au meurtre, se dévoilent.

18440925Ce qui frappe avec le début de la série, c’est de voir que notre Jessica Fletcher est une femme active, peut-être plus sportive que le laissait imaginer mon souvenir (ou peut-être est-ce tout simplement le fait d’un amalgame avec la Miss Marple –qu’Angela Lansbury a interprété lors du film adapté du roman Le Miroir se Brisa- d’Agatha Christie, dont on peut sans doute dire qu’elle a été une source d’influence). Autre chose à laquelle je ne m’attendais pas vraiment, c’est que la majorité des épisodes se passent hors de Cabot Cove, ce lieu fictif du Maine où vit la romancière. Au contraire, on parcourt un peu tous les Etats-Unis au fil d’événements divers qui la conduisent ici et là. Visite à un neveu ou une nièce (on va commencer ce petit jeu –puisque je crois que c’est un ressort souvent utilisé dans la série, on peut compter un neveu –Grady- et deux nièces cette saison !), visite à un ou une ami(e), déplacement pour le travail. Oui, parce que le fait que Jessica soit romancière n’est pas occulté et n’est pas seulement utilisé pour donner de la crédibilité à ses théories. Ce n’est certes pas approfondi de manière drastique, mais j’avais pas le souvenir que ce soit aussi présent. Elle doit faire de la promo, elle est invitée à certaines réceptions ou récompenses, et on la voit parfois même taquiner un peu de la machine à écrire (oui, oui, de la bonne vieille machine à écrire, avec ruban et tout… Tout le charme suranné de la série qu’on vous disait)… Ca lui ouvre aussi quelques portes et nous permet donc d’entrer dans les coulisses de certains milieux artistiques. Bref, sans être un point crucial, ce n’est pas inintéressant dans la manière dont c’est utilisé. Reste un schéma très classique au fil des épisodes, mais bien évidemment, quand on aime Jessica, on la suit sans ronchonner, les intrigues étant bien ficelées et les lieux assez variés pour ne pas bouder son plaisir. D’ailleurs, c’est peut-être aussi un truc qui manque aux séries actuelles, cette mise en place du crime. Là, il peut se passer un certain moment avant qu’il  n’intervienne (un acte, voire un acte et demi). On pose les personnages, on prend connaissance du lieu et on installe l’ambiance. Ce qui évite d’avoir à passer l’épisode à mettre le téléspectateur sur trente six fausses pistes, juste une ou deux, juste ce qu’il faut.

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Conclusion : Une première saison qui pose le cadre de la série, de son personnage et de son déroulement. C’est de l’énigme policière classique (qui et comment on a tué ?) bien huilée, dont le personnage principal est l’atout maître (même si on peut trouver Jessica Fletcher un peu trop fouineuse ! :P). Aucune intrigue ne va réellement ressortir mais ce n’est pas un défaut en fait, ce qui veut aussi que la saison est plutôt égale dans son ensemble. Ce qui est marrant, c’est d’apercevoir en guest, certains visages qui joueront des rôles récurrents (différents de ceux qu’ils interprètent ici) dans le futur, comme Ron Masak (le deuxième shérif) et William Windom (le docteur). On pourra aussi noter les apparitions de Martin Landau, Leslie Nielsen (qu’on retrouvera plus tard en guest dans plusieurs épisodes d’Un Tandem de Choc), Peter Graves ou encore Jerry Orbach…

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