Si y’a Twix, les deux doigts coupe-faim, pour d’autres, il y a les âmes des autres qui remplissent très bien cette fonction… Mais attention, l’abus d’âme est dangereux pour la santé ! :D

Japon SOUL EATER – Intégrale

j7ljCqqx72iI4qiD’après le manga de : Atsushi Okubo

Avec les voix françaises de : François Creton (Soul) ; Céline Rotard (Maka) ; Jean-Marc Montaldo (Kid) ; Patrick Noéri (Shinigami) ; Jessie Lambotte (Black Star) ; François Lescurat (Stein)…

Nombre d’épisodes : 51 (2008/2009)

Cote d’amour : Note_03

soul_eater_-_soul_10Résumé : Maître Shinigami a créé une école nommée Shibusen dans la ville de Death City, qu’il ne peut quitter, pour entraîner les Meisters et les armes qui les secondent afin de supprimer les « Grands Dévoreurs » potentiels. Ces êtres qui ingurgitent des âmes humaines et que Shinigami a déjà dû affronter par le passé. Shibusen peut notamment compter sur ses meilleurs éléments comme Maka, la fille de Death Scythe, co-équipier du professeur Stein, ou encore sur Black Star, dernier survivant de son clan et prétentieux comme pas deux. Kid, le fils de Shinigami décide lui aussi d’intégrer Shibusen et fait très vite ses preuves malgré son absolu mépris, voire sa phobie, pour tout ce qui n’est pas symétrique. Ils ne sont pas seuls, puisqu’ils peuvent compter sur leurs « armes » qui ont allure humaine mais se transforme dès que nécessaire. En faux pour Soul qui accompagne Maka, en pistolets pour Patty et Liz qui accompagnent Kid et en armes multiples pour Tsubaki qui accompagne Black Star. Ensemble, ils vont devoir faire face à des ennemis insidieux et redoutables. Arriveront-ils à repousser la menace que craint le plus Shinigami ?

souleaterAvis : Soul Eater rejoint donc ces shônen dans ma longue liste de ce que je veux bien tester en animé mais sur lesquels je n’ai pas forcément envie de m’attarder en manga (notamment parfois à cause du côté un peu fleuve de ces séries). Je me rappelle que ce qui m’a séduit en premier lieu quand j’ai lu un article dessus dans AniméLand, c’était d’abord son graphisme (qui tombait à point nommé pour le numéro sorti en Octobre). Sans être totalement inhabituel, il avait tout de même un caractère bien particulier, avec ce que j’aurai envie d’appeler des influences Burtoniennes. C’est aussi ce qui frappe en premier lieu en visionnant l’animé et en voyant notamment le cadre dans lequel se déroule l’histoire. Parce que ce n’est pas tant les personnages qui ont ce cachet mais bien les décors et Death City même. Avec ce soleil rigolard (ou baveux quand il commence à tomber de fatigue) et cette lune qui ferait faire des cauchemars à n’importe quel gamin (certes, elle est souriante, mais il y a légèrement comme un filet de sang qui s’écoule), ces rues aux maisons particulières, une partie du charme de l’atmosphère de la série se dégage bien de ce décorum relativement inédit pour le genre. Parce qu’en dehors de ça, on retombe un peu plus vite dans  si ce n’est les poncifs au moins des chemins habituels, quand bien même ce n’est pas non plus la vieille école du nekketsu (à l’image des Chevaliers du Zodiaque) mais plutôt dans ce qu’on pourrait appeler le nouveau shônen. Cela étant dit, il y a tout de même plusieurs points en faveur de Soul Eater même de ce côté-là. En effet, nous avons le droit à une héroïne en figure de proue. Ok, la série porte le nom de son arme, Soul (et c’est peut-être ce perso qui va prédominer dans le manga ?), mais elle reste le Meister et celle à qui l’on va le plus s’intéresser. Elle est aussi la première à se voir consacrer une histoire dans la phase de présentation des trois Meisters principaux que nous allons suivre dans la série. L’autre petite forme d’originalité provient ensuite de cette relation entre Meisters et Armes. Tout d’un coup, les armes ne sont plus juste des instruments servant ceux qui les manipulent mais font partie intégrante du combat et jouent aussi un rôle décisionnaire voire décisif. Enfin, on pourrait sans doute aussi citer la petite prise à contre-pied que nous offrent les premiers épisodes.

ja9v0ivzEn effet, alors qu’on pense partir sur une base relativement connue de la collecte de quelque chose (ici, des âmes a priori), Soul Eater s’éloigne finalement très vite de ce schéma qui aurait pu occuper une bonne partie de l’histoire. Pourtant, les premiers épisodes sont trompeurs puisqu’on découvre Soul et Maka en train de tenter de récolter l’âme d’une sorcière, la dernière âme qui leur manque pour faire de Soul une Death Scythe (il faut ingurgiter 99 âmes et celle d’une sorcière donc). Pas de bol pour nos deux amis néanmoins, Blair n’est pas ce qu’elle semble être et tout est donc à recommencer. Voici comment l’on fait connaissance de l’univers et de deux des protagonistes principaux de la série. On passe ensuite aux suivants puis à quelques histoires indépendantes où cette chasse aux monstres et âmes est le but principal. On notera au passage que la série s’amuse vraiment à réutiliser à sa sauce des personnages connus comme Al Capone mais surtout le professeur Franken Stein (sans parler de Blair la « sorcière » ou « witch » en bon anglais !). Des petites histoires sympathiques et gentillettes dont l’intérêt varie, notamment en fonction du degré d’affection qu’on peut porter aux personnages à ce moment-là. Et Black Star est un peu l’archétype du perso agaçant. Pas seulement à cause de sa voix, mais surtout à cause de son comportement ! Mais n’ayez crainte, vous verrez qu’il y a bien pire que lui (et malheureusement, à deux reprises au cour de la série !!). Hormis ces deux épisodes dispensables (et vraiment, j’ai eu envie de zapper le deuxième quand je l’ai vu arriver), la série prend une allure plus intéressante quand elle commence à devenir plus feuilletonnante, quand elle commence à étaler ses histoires. En deux parties, puis un peu plus, en faisant que la menace se fasse plus concrète et en réunissant les personnages. Ok, après, il faut bien avouer que tout n’est pas forcément aussi excitant que ce qu’on aurait pu croire (peut-être la faute à un développement encore en cours du manga comme c’est devenu courant qui fait qu’il faut créer sa propre fin à la série en assemblant des éléments dont on ne connaît pas toujours les aboutissants sur le moment ?) mais dans l’ensemble, le rythme est plutôt bon et on alterne plutôt bien les différentes phases, les différents persos ainsi que les quêtes. La série sait injecter une dose d’humour qui fonctionne aux bons moments et redevenir plus sérieuse par la suite. On grappille ici ou là des informations sur l’univers et ses protagonistes mais tout ne semble pas totalement exploité.

Minitokyo

Conclusion : Soul Eater s’avère être une découverte agréable… Peut-être parce que je n’en attendais pas grand-chose et que le début m’a mis dans un état de fait où je partais défaitiste quant au fait de pouvoir aimer la série… Mais avec son univers séduisant (outre les décors et les différentes références, on pourrait aussi parler des jeux de mots dans une VF plutôt bonne) et une histoire qui devient plus prenante au fur et à mesure, cette adaptation aura su me montrer ses qualités et donc faire que je pourrais avoir envie d’y revenir. Si ce n’est pas l’animé que je retiendrai dans les derniers visionnés durant les cinq ans écoulés, je pourrais quand même dire avoir apprécié ce shônen grand public (qui n’hésite pas à mettre un peu de fan-service au passage, notamment avec Blair, mais point trop, donc ça passe tout à fait). Par contre, dommage que la bande-son ne soit pas des plus séduisante (je retiendrais néanmoins les deux génériques d’ouverture que sont Resonnance par TM Revolution et Papermoon par Tommy Heavenly6 ainsi que Bakusô Yumeuta par Diggy-MO). Je me ferai bien un p’tit encas moi maintenant… :D