Il y a des séries qui laissent des traces indélébiles… Et quoi de mieux que de se re-pencher dessus pour ses vingt ans, hein ?

Japon SAILOR MOON (Bishôjo Senshi Sailormoon) – Saison 1

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D’après le manga de : Naoko Takeuchi

Avec les voix françaises de : Emmanuelle Pailly (Bunny) ; Viriginie Ogouz (Molly) ; Claude Chantal (Raya) ; Agnès Gribe (Marcy) ; Amélie Morin (Mathilda) ; Philippe Ogouz (Bourdu)

Nombre d’épisodes : 46 (1992/1993)

Cote d’amour : Note_04

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Résumé : Bunny Rivière est une jeune collégienne de 14 ans comme les autres… Ou presque. Juste un peu maladroite, pleurnicharde et mauvaise à l’école… Rêvant de grand amour et de rencontrer l’héroïne Sailor V. Mais tout bascule le jour où elle rencontre sur son chemin Luna. Une petite chatte avec un croissant de Lune sur son front. Elle lui parle et lui offre une broche lui permettant de se transformer en Sailor Moon, la guerrière Sailor de l’Amour et de la Justice. Elle devra affronter les forces du Mal qui tentent de voler l’énergie des humains et rechercher une Princesse. Heureusement pour Bunny, elle pourra aussi compter sur des amies qu’elle va rencontrer en cours de route comme la surdouée Molly, la prêtresse d’un temple Shinto Raya, la très forte Marcy ou encore la mature Mathilda. Sailor Moon arrivera-t-elle à vaincre les forces du Royaume des Ténèbres ?

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Avis : Eh oui… C’est que tout cela ne nous rajeunit pas… La première diffusion de la série a eu lieu dans le Club Dorothée un 23 décembre 1993… Ne me demandez pas si j’étais devant mon poste à ce moment-là, j’avoue que je n’ai pas trop de souvenir de quand j’ai vu le premier épisode… Vu la date, je dirais bien qu’il y ait des chances que j’ai été devant ce premier jour par un pur hasard (ou plutôt parce que je regardais à peu près tout le Club Dorothée… Encore plus en période de vacances scolaires !). En tout cas, je sais que j’ai aimé très vite nos amies guerrières en jupettes. Alors qu’en reste-t-il une vingtaine d’années plus tard ? Eh bien ma foi, que de bonnes choses. Pour l’occasion, j’ai revu la série dans sa version originale… Et j’ai finalement envie d’aborder en premier ce point pour faire une petite comparaison VO/VF… Eh bien ce n’est pas si catastrophique que ça. Il faut bien évidemment mettre de côté les coupes dues à un besoin soit de caser de la pub en plus soit du temps d’antenne pour les animateurs (parce que certains épisodes que j’avais sur vhs étaient vraiment plein de trous, sans raison particulière) et les coupes qui sont pour le coup de la véritable censure. Pour faire la comparaison entre les deux, il suffit de se baser sur les coffrets vhs sortis à l’époque (bon, ils ne regroupent que les 64 premiers épisodes, mais recouvrent donc la totalité de la première série). En l’occurrence, les épisodes sont pratiquement complets. On peut remarquer un ou deux plans de coupes sur des écritures japonaises (la pochette d’un cd dans les premiers épisodes), un sur la petite culotte de la prof de Bunny… Mais c’est surtout sur les derniers épisodes qu’il y a eu finalement eu véritable censure pour des passages sans doute jugés trop violents. Attention, là on est dans le spoiler pour ceux qui n’auraient toujours pas vu la série !! **********Dans les derniers épisodes, les guerrières souffrent vraiment le martyr avant de mourir. Tous ces passages où il y a des électrochocs, ceux d’un Endymion qui étrangle Bunny et lui envoie un coup de pied alors qu’elle est à terre ne sont pas présents sur les coffrets vhs. ********** Fin spoilers. Pour le reste, hormis les adaptations des noms pour des sonorités plus occidentales et quelques rares dialogues (dont un féministe qui ressortait beaucoup moins en VF lors de l’affrontement entre Mars, Mercure, Moon et Jedyte), on a finalement eu quelque chose d’assez fidèle. Juste qu’on a eu un nombre de comédiens de doublage restreint pour doubler la totalité des personnages (même récurrents) mais sinon, je m’attendais presque à redécouvrir un peu plus la série. Eh bien, à peine ! Ah ! Aussi à noter quelques bribes de chansons en plus qui ont disparu de la VF (mais pas les plus importantes, ce qui est toujours un plus comparé à la suite…).

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Côté histoire, la série reprend donc le manga de Naoko Takeuchi qui fut développé en parallèle. Mais elle ne fait que reprendre les ingrédients de base et se détache très vite de sa version papier, que ce soit dans le ton ou l’avancée de l’intrigue. Il faut dire que ce premier arc tient en 3 volumes (et un chapitre sur le 4ème tome de la première version du manga) quand on a 46 épisodes ici. Sailor Moon ne fait pas fondamentalement dans l’originalité mais elle a su réunir des éléments pour fonder son propre style. Ainsi, Sailor Moon est à la fois héritière des Magical Girls (du type Creamy, Gigi) pour les transformations notamment et héritière des sentaïs (du type Bioman) pour les combats (on peut tout aussi bien penser aux Chevaliers du Zodiaque/Saint Seiya, puisque la série mélange aussi un peu d’autres ingrédients en se basant sur l’astronomie ici -mais c’est loin d’être la seule influence-). Sailor Moon pourrait paraître très répétitive pour le coup. C’est vrai qu’avec son schéma classique d’une histoire et de son monstre de la semaine, des avancées au coup par coup lors de certains épisodes cruciaux, rien de bien extraordinaire. Sauf que les scénaristes arrivent finalement à très bien varier les styles et construisent mine de rien l’univers qui constitue la série et balisent un peu pour les événements à venir. Oh alors bien sûr, il ne faut pas vouloir être surpris par l’identité des Sailors (de toute manière, le générique japonais se charge très bien de vous spoiler au cas où vraiment vous seriez un peu Loïs Lane sur les bords !!! :D), ni par la plupart des relations qui sont courues d’avance. Mais il se dégage une vraie alchimie du tout, un humour à toute épreuve (franchement, qui n’a pas rigolé devant les grimaces impossibles d’une Bunny, ses maladresses, devant les magistrales fâcheries entre elle et Raya, ou encore ses grandes sorties volontairement comiques quand elle en fait des tonnes en lançant son désormais très célèbre « Au nom de la Lune, je vais te punir ! » ??!) avec quelques gros morceaux de tendresse, d’émotion.

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Parmi les moments où il faut sortir les mouchoirs, comment ne pas évoquer Neflyte et sa relation avec Nanou ? D’ailleurs, c’est là un des points intéressant de la série par rapport au manga (chacun ayant ses qualités, ses défauts, comme j’avais pu le dire lors de ma review sur la version live de Pretty Guardian Sailormoon), c’est que l’on développe des personnages secondaires et auxquels on n’accorde pas trop d’importance dedans. Il en ressort des visions assez différentes mais pas inintéressantes et qui donnent un peu moins de manichéisme par rapport aux méchants de l’histoire. Outre le ton, la série s’amuse aussi à varier un peu les styles (avec autre chose que des purs monstres issus du Royaume des Ténèbres comme dans les épisodes 20 Tout Pour Etre Heureux ou 40 L’Esprit du Lac) et change de schéma au fur et à mesure (même si on en revient plus ou moins au même). Ainsi, dans un premier temps, Jedyte fait du vol d’énergie de masse quand Néflyte se concentre sur une proie particulière puis on passe à la recherche des Cristaux d’Arc-En-Ciel et ainsi de suite. Du coup ce n’est pas grand-chose mais la perception est un peu différente. Bon, et puis c’est surtout les histoires entre qui comptent la plupart du temps, les batailles se révélant souvent être très tardives. Ce sont des scènes attendues mais ce n’est pas ce sur quoi on se concentre le plus. On parle avant tout des personnages. Et c’est vraiment valable pour toute la série. Même quand on évoque sa mythologie, c’est pour mieux rendre tout le côté dramatique de l’histoire d’amour qui éclot entre Bourdu et Bunny, cette fameuse relation que tout cherche à séparer au cours du temps (n’oublions pas que l’on est à l’origine dans un shôjo !). Le tout est vraiment beaucoup plus riche qu’au premier abord donc et n’a pas vieilli d’un iota (hormis tous les trucs technologiques ! :P). A noter des épisodes plus ou moins beaux selon la personne qui le chapeautait. C’est assez variable mais il y a déjà de très jolis morceaux, notamment le dernier épisode.

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Conclusion : je crois que je n’ai même pas réussi à vraiment faire le tour de toute la question ou en tout cas de tout ce à quoi j’ai pu penser en revisionnant la série avec véritablement beaucoup de plaisir. Sailor Moon restera un des éléments fondateurs de ma découverte d’un monde (celui de l’animation japonaise et du manga) qui n’a pas à rougir au fil des années qui passent. Je crois que j’ai ri comme au premier jour devant certaines pitreries de l’héroïne (ah la fameuse bagarre entre elle et Raya pour savoir si un petit garçon doit ou non monter sur un ours !!!) et c’est difficile de ne pas s’enchaîner les épisodes. Je suis sûr que l’on peut encore découvrir la série aujourd’hui et l’apprécier… En parlant d’apprécier, mes oreilles aussi apprécient toujours autant les musiques de l’animé. Il y a de très beaux morceaux (et ce n’est pas pour rien qu’à une certaine époque j’avais investi dans le coffret regroupant tous les cd contenant justement toutes -enfin presque malheureusement- les musiques de toutes les saisons). Côté VO/VF j’ai aussi envie de souligner que parfois j’ai trouvé le jeu des comédiens de la VF plus touchant que la VO (et pis, faut aussi dire qu’Emmanuelle Pailly a une voix plus supportable que la « seiyu » d’origine tout en sachant rendre autant l’aspect comique qu’émotionnel même s’il lui a fallu quelques épisodes avant de parfaitement rentrer dans le personnage). On notera que la série se cherche parfois un peu (comme le manga). On pourrait parler du Frisbee Lunaire qui a quelques effets qu’on ne retrouve qu’une fois ou deux, des deux machins sur les chignons de Bunny qui lui avertissent que Nanou est en danger… Et une transformation qui change (on passe de la silhouette du bras à la main avec vernis à ongle qui brille ! :D). Rendez-vous pour la suite une prochaine fois donc ! ^_^

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