Après avoir fait le tour du premier cycle de films consacré à l’Homme Chauve-Souris, attardons-nous sur quelques longs métrages animés… Et logiquement, on commence par… le premier ! :D (Attention, contient des spoilers)

US BATMAN CONTRE LE FANTOME MASQUE (Batman : Mask of the Phantasm) – 25 décembre 1993 (Ciné US)

B00004W0EKScénario : Alan Burnett

Réalisation : Eric Radomski & Bruce Timm

Avec les voix françaises de : Richard Darbois (Batman) ; Régine Teyssot (Andrea) ; Jacques Ciron (Alfred) ; Pierre Hatet (Le Joker) ; Pierre-François Pistorio (Reeves) ; Olivier Proust (Le Fantôme)

Cote d’amour : Note_05

vlcsnap_2010_11_12_15h43m38s254Résumé : Alors qu’une bande de voleurs est réunie pour innonder le marché de fausse monnaie, ils sont interrompus par Batman. Mais ce dernier n’est pas le seul à être sur les traces de ces gangsters et un mystérieux fantôme masqué s’en prend directement à l’un d’eux. Un crime que l’on impute à Batman qui se trouvait sur les lieux. De son côté, après dix ans, Andréa Beaumont revient à Gotham City pour y retrouver Arthur Reeves, un conseillé parti en guerre contre la Chauve-Souris. Bruce Wayne doit alors affronter un passé lointain et replonge dans ses souvenirs communs avec Andréa. Mais qui peut donc bien se cacher derrière ce fantôme masqué prêt à tuer de vieux associés ?

vlcsnap_2010_11_12_15h45m54s64Avis : Septembre 1992. Un an après le deuxième film de Tim Burton consacré à Batman, une série animée télévisée débarquait sur les chaînes américaines : Batman The Animated Series. Elle reprenait notamment une atmosphère assez sombre et l’ambiance de polar noir qu’on pouvait retrouver chez Burton. Elle lui piqua aussi son thème musical. C’est un an et demi plus tard que Batman envahit encore les écrans de cinéma aux USA. Mais cette fois-ci, l’homme chauve-souris était fait de celluloïd. Car oui, Batman Contre le Fantôme Masqué est bien le seul des « films animés » à être sorti au ciné (au Canada et aux USA), contrairement aux suivants. Nous avons eu « la chance » de le découvrir directement en vhs ou à la télévision via une diffusion sur Canal en 1995 (et bien plus tard sur France 2 et France 3 en 1999 et 2000). Ce qui est un peu rageant vu la qualité de ce film. En effet, l’équipe à l’origine de la série animée Batman a conservé toutes les qualités dont elle avait su faire preuve pour retranscrire cette aventure version longue et donner un résultat au ton encore plus adulte que la matière d’origine. Cela passe notamment par un peu plus de sang et surtout, par un héros plus torturé que jamais face à son passé. L’histoire nous narre en effet comment Bruce Wayne est devenu Batman. Une énième variation du mythe (dont je ne suis pas très sûre qu’elle colle avec ce qu’on peut apercevoir dans certains épisodes de la série animée, je pense notamment aux épisodes avec Le Fantôme Gris qui sont pourtant dans la première saison) que l’on découvre au travers de différents flashbacks qui permettent de relier les points entre eux. Ces points étant notamment le fantôme masqué, Batman, Andréa et Bruce.

vlcsnap_2010_11_12_15h44m32s28Si sur la forme, nous avons donc un procédé assez classique, côté fond, on ne peut qu’apprécier cette petite descente « aux enfers » des personnages. Eux dont les parents sont morts, qui s’étaient trouvés et dont la vie vient contrarier les plans. Encore une fois, Bruce Wayne doit faire face à ce qu’il peut devenir, parce qu’il est toujours sur le fil du rasoir avec son côté vengeur. Voir la charmante et lumineuse Andréa avant et la voir après, insensible et d’une tristesse à mourir, ça fait un sacré contraste. Le film joue d’ailleurs merveilleusement bien dessus, puisque les flashbacks sont aussi lumineux que les scènes du présent peuvent être grises et sombres, un bon nombre d’entre elles se passant d’ailleurs sous la pluie ambiante ou de nuit. Les décors sont ainsi à l’image de l’état d’esprit des deux héros. Bon, comme il semblerait qu’un Batman sans Joker, ce soit pas possible (et que de toute manière, il fait aussi partie de l’essence de la naissance du mythe), il est bien évidemment de la partie, sous une forme inhabituelle… Honnêtement, tout se conjugue plutôt bien, pour former une histoire cohérente, avec son lot de scènes d’actions mais aussi d’émotion. C’est là toute la force de l’œuvre (film et série), réussir à allier divertissement avec du contenu. Et puis, comment ne pas parler de l’animation (toujours jolie, avec un design toujours aussi néo-rétro avec une pointe de gothisme qui charme) mais surtout de la musique qui est juste du pur régal pour les oreilles ? On la doit à Shirley Walker qui composait déjà les thèmes de la série animée et qui utilise ici encore plus de moyens, notamment avec des chœurs (et ceux du début… miam miam).

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Conclusion : Si on ne doit retenir que quelques œuvres de Batman, alors assurément, Batman Contre le Fantôme Masqué en ferait partie, parce qu’il s’agit d’une grande réussite à tout point de vue. Autant dans l’histoire, originale (malgré le thème de la naissance) et bien menée, avec des personnages charismatiques et une ambiance adulte et sombre aux petits oignons. A voir absolument quoi ! En bonus, vous retrouverez une chanson de Tia Carrere (la Sydney Fox) qui interprète le générique de fin… Et pour l’anecdote, sachez qu’en VO c’est Dana Delany, la Katherine de Desperate Housewives, qui double Andréa Beaumont… Dommage que ce film n’ait pas eu le succès escompté en salle, ça nous a sûrement privé d’autres essais de ce genre… :( (Et sûrement même d’une sortie chez nous sous ce format).

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